Location de passoires thermiques : le calendrier des interdictions expliqué aux propriétaires bailleurs

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

On parle de passoire thermique pour désigner un logement dont la performance énergétique est médiocre, c’est-à-dire classé F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces logements consomment une quantité excessive d’énergie — plus de 331 kWh/m²/an pour un F, plus de 421 kWh/m²/an pour un G — et contribuent significativement aux émissions de gaz à effet de serre. En France, on estime qu’ils représentent plusieurs millions de résidences principales, dont une large part est occupée en location.

Depuis la promulgation de la loi Climat et Résilience en août 2021, ces logements font l’objet d’un encadrement progressif et de plus en plus contraignant, avec pour objectif de les sortir du marché locatif ou de contraindre leurs propriétaires à les rénover.

Le calendrier officiel des interdictions de location

La loi Climat et Résilience a établi un calendrier précis pour l’interdiction progressive de la mise en location des passoires thermiques en France métropolitaine. Voici les grandes étapes :

1er janvier 2025 : fin de la mise en location des logements classés G

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être proposés à la location à titre de résidence principale. Cela concerne aussi bien les nouvelles mises en location que les renouvellements et reconductions de bail. Un logement classé G est désormais considéré comme non décent au sens de la loi, ce qui ouvre des droits au locataire déjà en place : il peut exiger la réalisation de travaux ou demander une réduction de loyer en justice.

1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements classés F

Dans moins de deux ans, environ un million de logements supplémentaires seront concernés : ceux classés F au DPE, dont la consommation est comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an. À compter du 1er janvier 2028, leur mise en location sera interdite. Les contrats de bail en cours pourront être maintenus jusqu’à leur terme naturel, mais toute nouvelle location ou tout renouvellement sera impossible sans amélioration préalable de la performance énergétique du bien.

1er janvier 2034 : le tour des logements classés E

La dernière étape du calendrier concerne les logements classés E (entre 250 et 330 kWh/m²/an). Bien qu’ils ne soient pas considérés comme des passoires thermiques à proprement parler, ils seront à leur tour interdits à la location à compter du 1er janvier 2034. Cette échéance laisse encore du temps, mais les travaux de rénovation prennent du temps à planifier et à financer : mieux vaut ne pas attendre.

Un calendrier spécifique pour l’Outre-mer

Les territoires d’Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) bénéficient d’un décalage dans l’application de ces interdictions, en raison des spécificités climatiques locales. Dans ces régions, l’interdiction de location des logements classés G prend effet le 1er janvier 2028, soit trois ans après la métropole.

Des mesures déjà en vigueur : le gel des loyers

L’interdiction de location n’est pas la seule contrainte qui pèse sur les propriétaires de passoires thermiques. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G sont soumis à un gel strict de leur loyer. Concrètement, les bailleurs concernés ne peuvent pas :

  • Appliquer un loyer supérieur à celui du précédent locataire lors de la signature d’un nouveau bail ;
  • Procéder à une révision annuelle du loyer en cours de bail ;
  • Augmenter le loyer lors du renouvellement du bail.

Cette mesure s’applique aux locations vides, meublées et aux baux mobilité à titre de résidence principale. Elle représente une perte économique réelle pour les propriétaires qui voient leur rendement locatif rogné par l’inflation, sans pouvoir répercuter la hausse des coûts sur le loyer.

Quelles sanctions pour les bailleurs qui ne respectent pas ces règles ?

Un logement classé G mis en location après le 1er janvier 2025 est juridiquement non décent. En cas de litige, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection. Ce dernier peut :

  • Ordonner la réalisation de travaux au propriétaire ;
  • Prononcer une réduction de loyer jusqu’à l’exécution des travaux ;
  • Condamner le bailleur à des dommages et intérêts.

Au-delà du risque judiciaire, un bien étiqueté G ou F perd aussi de la valeur sur le marché immobilier, et sa revente peut devenir plus difficile si aucun travaux n’a été entrepris.

Quelles solutions pour les propriétaires bailleurs ?

Face à ce calendrier réglementaire, les propriétaires ont plusieurs leviers à leur disposition :

Faire réaliser un audit énergétique

Avant d’engager la moindre dépense, il est indispensable de connaître précisément l’état thermique du logement et d’identifier les travaux prioritaires. Un audit énergétique réglementaire permet d’obtenir un plan de rénovation chiffré, avec les gains attendus à chaque étape. Il est obligatoire pour accéder au Parcours Accompagné de MaPrimeRénov’ et constitue le point de départ de tout projet de rénovation performante.

Engager des travaux de rénovation énergétique

Isolation des combles, des murs ou du plancher bas, remplacement d’un système de chauffage vétuste par une pompe à chaleur, installation d’une VMC performante… Les pistes de travaux sont nombreuses et doivent être priorisées selon le profil thermique du logement. L’objectif est d’atteindre au minimum la classe D au DPE pour sécuriser durablement le bien sur le marché locatif.

Mobiliser les aides financières disponibles

Les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs d’aide :

  • MaPrimeRénov’ (Parcours Accompagné pour les rénovations globales) ;
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) versés par les fournisseurs d’énergie ;
  • L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer les travaux sans avance de trésorerie ;
  • Les aides des collectivités locales (régions, départements, communes), variables selon les territoires.

La combinaison de ces aides peut couvrir une part significative du coût total des travaux, à condition de bien respecter les conditions d’éligibilité propres à chaque dispositif.

Anticiper, la meilleure stratégie pour 2028

L’échéance de 2028 peut sembler lointaine, mais les délais pour faire réaliser un audit, sélectionner un maître d’œuvre, obtenir les autorisations nécessaires et faire exécuter les travaux peuvent facilement atteindre 18 à 24 mois. Sans compter les délais d’instruction des dossiers d’aides. Les propriétaires de logements classés F qui attendent le dernier moment risquent de ne pas pouvoir louer leur bien à temps, ou d’être contraints d’accepter des conditions moins favorables.

La bonne nouvelle : en agissant dès maintenant, vous avez encore le choix du calendrier, des prestataires et des solutions techniques les mieux adaptées à votre bien.

Conclusion : ne laissez pas l’horloge tourner sans vous

Le calendrier des interdictions de location est clair, progressif et incontournable. Que votre logement soit classé G (déjà concerné), F (échéance 2028) ou E (2034), la question n’est plus de savoir si vous devrez rénover, mais quand et comment. La première étape est toujours la même : faire réaliser un audit énergétique par un professionnel qualifié.

Vous souhaitez faire le point sur votre situation ? Notre équipe Expert Audit Énergétique est à votre disposition pour réaliser votre audit et vous accompagner dans le montage de votre dossier d’aides. Contactez-nous dès aujourd’hui ou demandez à être rappelé gratuitement — c’est la première étape vers un bien rénové, rentable et conforme.

Sources

Location de passoires thermiques : le calendrier des interdictions expliqué aux propriétaires

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

Une passoire thermique désigne un logement particulièrement énergivore, classé F ou G selon le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces biens consomment une quantité excessive d’énergie pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou la climatisation, et génèrent des factures élevées pour les occupants tout en émettant de grandes quantités de gaz à effet de serre.

En France, on estime que plusieurs millions de logements entrent dans cette catégorie. Face à l’urgence climatique, le législateur a décidé d’agir : la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a posé les bases d’une exclusion progressive de ces logements du marché locatif, en les qualifiant de « logements indécents » au regard de leur performance énergétique.

Le calendrier officiel des interdictions de location

Le calendrier est progressif et s’étale sur une décennie. Voici les grandes étapes à retenir pour la France métropolitaine :

  • Depuis le 24 août 2022 : les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer, ni lors du renouvellement du bail, ni en cours de contrat. L’indexation sur l’IRL (Indice de Référence des Loyers) est bloquée.
  • Depuis 2023 : les logements classés G+ (consommation supérieure à 450 kWh d’énergie finale par m² et par an) sont interdits à la mise en location ou à la relocation.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : l’interdiction s’étend à tous les logements classés G. Tout nouveau bail signé, renouvelé ou reconduit tacitement depuis cette date ne peut plus concerner un bien classé G. Les baux en cours signés avant le 1er janvier 2025 ne sont pas immédiatement résiliés, mais l’interdiction s’appliquera lors de leur renouvellement ou reconduction tacite.
  • Au 1er janvier 2028 : les logements classés F seront à leur tour concernés par l’interdiction de mise en location.
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E rejoindront la liste des biens ne pouvant plus être proposés à la location.

Et dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM) ?

Le calendrier y est décalé pour tenir compte des spécificités climatiques et du parc immobilier local. Le DPE n’y est d’ailleurs opposable que depuis juillet 2024. Pour les DROM, les logements classés G seront interdits à la location au 1er janvier 2028, et les F au 1er janvier 2031.

Ce que cela signifie concrètement pour les propriétaires bailleurs

Si vous possédez un logement classé G ou F, la question n’est plus de savoir si vous devrez agir, mais quand et comment. Voici les situations les plus courantes :

Vous avez un locataire en place depuis avant 2025

Votre bail en cours n’est pas remis en question immédiatement si votre logement est classé G. Cependant, lors du prochain renouvellement ou de la reconduction tacite, l’interdiction s’appliquera pleinement. Autrement dit, le délai avant la prochaine échéance de votre bail détermine votre marge de manœuvre pour entreprendre des travaux.

Votre logement est vacant ou en cours de relocation

Si votre logement classé G est actuellement vide, vous ne pouvez légalement pas proposer un nouveau contrat de location depuis le 1er janvier 2025. La mise sur le marché d’un tel bien expose le bailleur à des risques juridiques : un locataire peut saisir la justice pour faire constater l’indécence du logement et obtenir la réalisation de travaux, voire une réduction de loyer.

La vente reste possible

Il est important de le rappeler : le calendrier d’interdictions concerne uniquement la location. Vendre un logement classé F ou G reste tout à fait légal, même après 2028. L’obligation supplémentaire à la vente d’un logement F ou G est la réalisation d’un audit énergétique, qui doit être remis à l’acquéreur.

Un contexte réglementaire en mouvement en 2026

Il convient d’être attentif à l’évolution du cadre légal. En 2026, le gouvernement a annoncé l’étude d’un projet de loi visant à assouplir certaines conditions d’application de ces interdictions. L’idée centrale serait de permettre, sous conditions, à un propriétaire bailleur de continuer à louer un logement classé F ou G à condition de s’engager formellement à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un délai de trois à cinq ans selon le type de bien.

Ce projet, qui vise notamment à remettre sur le marché plusieurs centaines de milliers de logements retirés face à la pénurie, n’est pas encore voté à ce jour. Les obligations issues de la loi Climat et Résilience restent donc pleinement en vigueur. Suivez l’actualité législative de près et faites-vous accompagner par un professionnel pour adapter votre stratégie patrimoniale en temps réel.

Quelles aides pour financer la rénovation de votre bien locatif ?

Bonne nouvelle : les propriétaires bailleurs ont accès à plusieurs dispositifs d’aide pour financer la remise à niveau énergétique de leurs biens :

  • MaPrimeRénov’ Bailleur : versée par l’Anah, cette aide est accessible aux propriétaires qui louent leur logement en résidence principale (au moins 8 mois par an). Le logement doit avoir plus de 15 ans. Le montant est calculé selon les revenus du foyer du bailleur et la nature des travaux. En contrepartie, le bailleur s’engage à louer le logement pendant 6 ans après la fin des travaux. À noter : depuis le 1er juillet 2024, le dispositif est limité à 3 logements sur une période de 5 ans.
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : cumulables avec MaPrimeRénov’, ces primes sont versées par les fournisseurs d’énergie en échange de travaux d’économies d’énergie.
  • L’Éco-Prêt à Taux Zéro (Éco-PTZ) : un prêt sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique, accessible aux propriétaires bailleurs.
  • Les aides locales : de nombreuses collectivités territoriales (régions, départements, communes) proposent des compléments de financement. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre conseil régional.

Ces aides peuvent se cumuler pour couvrir une partie significative du coût des travaux. Un audit énergétique préalable permet d’identifier les gestes de rénovation les plus efficaces et de cibler les dispositifs les mieux adaptés à votre situation.

Comment se préparer dès maintenant ?

Face à ce calendrier réglementaire, la meilleure stratégie pour un propriétaire bailleur est l’anticipation. Voici les étapes clés :

  • Faire réaliser un audit énergétique de votre logement pour connaître précisément son classement DPE, identifier les travaux prioritaires et estimer les gains attendus.
  • Prioriser les travaux selon l’échéance qui vous concerne : si votre logement est classé G, l’urgence est immédiate ; si votre logement est classé F, vous avez jusqu’à 2028 pour agir.
  • Solliciter un accompagnement professionnel pour constituer votre dossier d’aides et optimiser le financement de vos travaux.
  • Anticiper l’impact sur votre loyer : rappelons que le gel des loyers pour les F et G est déjà en vigueur depuis 2022, ce qui érode progressivement votre rendement locatif en euros constants.

Conclusion

Le calendrier des interdictions de location des passoires thermiques est désormais bien établi, même si le contexte législatif de 2026 invite à rester vigilant sur d’éventuels assouplissements. Ce qui est certain, c’est que la rénovation énergétique de votre bien locatif constitue, à terme, la seule solution pérenne pour préserver votre patrimoine, maintenir vos revenus locatifs et vous conformer à la loi.

Vous possédez un logement classé F ou G et vous souhaitez faire le point sur vos obligations et les aides auxquelles vous avez droit ? L’équipe d’Expert Audit Énergétique est à votre disposition pour réaliser un audit complet et vous accompagner dans votre projet de rénovation. Contactez-nous dès aujourd’hui pour être rappelé gratuitement.

Sources

Loi Climat et Résilience : ce que les propriétaires doivent anticiper

La loi Climat et Résilience : un tournant pour le parc immobilier français

Promulguée le 22 août 2021, la loi n° 2021-1104 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience — dite loi Climat et Résilience — a profondément reconfiguré les obligations des propriétaires en matière de performance énergétique. Son objectif : éradiquer progressivement les passoires thermiques du parc locatif et de la vente immobilière, tout en incitant les propriétaires à engager des travaux de rénovation.

Cinq ans après son adoption, les effets concrets de cette loi se font sentir à chaque étape de la vie d’un bien immobilier : mise en location, mise en vente, gestion de copropriété. Voici un tour d’horizon complet des obligations qui s’imposent aujourd’hui — et de celles qui arrivent.

Le calendrier des interdictions de location : où en est-on en 2026 ?

La loi Climat et Résilience a instauré un calendrier progressif d’interdiction de location pour les logements les plus énergivores, classés selon leur étiquette au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).

  • Depuis le 1er janvier 2023 : les logements dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an (les plus extrêmes des G) ne peuvent plus être mis en location.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : tous les logements classés G sont considérés comme non décents et ne peuvent plus faire l’objet d’une nouvelle mise en location.
  • Au 1er janvier 2028 : ce sera au tour des logements classés F d’être concernés par cette interdiction.
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E seront à leur tour exclus du marché locatif si aucun travaux n’est réalisé.

Attention : ces interdictions concernent les nouvelles mises en location et les renouvellements de bail. Si vous êtes bailleur avec un locataire en place, des dispositions transitoires peuvent s’appliquer, mais la tendance de fond est claire. Il est urgent d’anticiper.

Le gel des loyers pour les passoires thermiques : une mesure déjà en vigueur

Depuis août 2022, les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer entre deux locataires, ni lors du renouvellement de bail. Cette mesure de gel des loyers s’applique aux locations vides et meublées, ainsi qu’aux baux mobilité.

Concrètement, si votre logement est une passoire thermique, vous êtes déjà pénalisé sur la rentabilité locative : impossible de réviser le loyer à la hausse, même en cas de forte inflation ou de loyer sous-évalué. La seule façon de retrouver une marge de manœuvre est de réaliser des travaux permettant de sortir des classes F ou G.

L’audit énergétique obligatoire à la vente : un document clé

En complément du DPE, la loi Climat et Résilience a rendu obligatoire la réalisation d’un audit énergétique réglementaire lors de la vente de maisons individuelles et d’immeubles en monopropriété les plus énergivores. Le calendrier mis en place par l’article L. 126-28-1 du code de la construction est le suivant :

  • Depuis le 1er avril 2023 : audit obligatoire pour les logements classés F ou G.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : obligation étendue aux logements classés E.
  • À partir du 1er janvier 2034 : les logements classés D seront également concernés.

Cet audit doit être remis au futur acquéreur dès la première visite, ou au plus tard à la signature de la promesse de vente. Il présente un état détaillé de la performance énergétique du logement et propose des scénarios de travaux chiffrés pour améliorer sa classe. Sa durée de validité est de cinq ans. Vendre un bien concerné sans cet audit expose le vendeur à des recours de l’acquéreur, voire à une annulation de la vente.

Si vous envisagez de vendre votre bien dans les prochaines années, vérifiez dès maintenant votre classe DPE : si elle est E, F ou G, l’audit est une étape incontournable de votre dossier de vente.

La réforme du DPE en 2026 : de nouveaux calculs qui changent la donne

Une révision importante de la méthode de calcul du DPE est entrée en vigueur en 2026. Elle favorise notamment les logements chauffés à l’électricité, dont l’étiquette peut s’améliorer d’une ou deux classes sans qu’aucun travaux ne soit réalisé. Des centaines de milliers de DPE établis avant cette réforme sont par ailleurs devenus caducs : ceux réalisés avant juillet 2021 n’étaient plus valables au 1er janvier 2025, et d’autres expirent progressivement selon leur ancienneté.

Si votre DPE date de plusieurs années, faites-le vérifier avant toute démarche : une mise à jour pourrait reclasser votre bien dans une catégorie moins contraignante… ou confirmer l’urgence des travaux.

Le DPE collectif : une obligation désormais généralisée aux copropriétés

La loi Climat et Résilience impose également la réalisation d’un DPE collectif pour les immeubles d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Ce diagnostic, établi à l’échelle de l’immeuble entier, a été introduit progressivement :

  • Depuis janvier 2024 : copropriétés de plus de 200 lots.
  • Depuis janvier 2025 : immeubles entre 50 et 200 lots.
  • Depuis janvier 2026 : copropriétés de moins de 50 lots.

Si vous êtes copropriétaire ou syndic, cette obligation vous concerne directement. Le DPE collectif permet d’orienter les futures décisions de travaux votées en assemblée générale et de disposer d’une vision globale de la performance du bâtiment.

Les meublés de tourisme également dans le viseur

En 2026, les meublés de tourisme (type Airbnb) sont eux aussi concernés par l’obligation de DPE. Cette extension du champ d’application de la réglementation témoigne de la volonté du législateur de couvrir l’ensemble du parc immobilier, qu’il soit loué à l’année ou de manière saisonnière.

Ce que les propriétaires doivent faire dès maintenant

Face à ce calendrier resserré, l’anticipation est la meilleure stratégie. Voici les priorités pour chaque profil :

  • Propriétaire bailleur d’un logement G : l’interdiction de location est déjà en vigueur. Des travaux de rénovation sont indispensables pour continuer à louer légalement. Plusieurs aides existent (MaPrimeRénov’, CEE…) pour financer ces chantiers.
  • Propriétaire bailleur d’un logement F : l’interdiction arrive au 1er janvier 2028. Il reste du temps, mais les délais de réalisation des travaux sont souvent plus longs qu’on ne l’imagine. Commencez par un audit énergétique pour planifier les interventions.
  • Propriétaire souhaitant vendre un bien E, F ou G : l’audit énergétique réglementaire est obligatoire. Faites-le réaliser en amont pour anticiper les questions des acheteurs et optimiser votre prix de vente.
  • Copropriétaire : vérifiez que votre immeuble a bien réalisé son DPE collectif. À défaut, interpellez votre syndic lors de la prochaine assemblée générale.

Conclusion : agir maintenant plutôt que subir demain

La loi Climat et Résilience n’est pas un horizon lointain : ses effets sont déjà concrets pour des millions de propriétaires en France. Chaque année d’inaction réduit vos marges de manœuvre — financières, juridiques et commerciales. La bonne nouvelle : des professionnels et des dispositifs d’accompagnement existent pour vous aider à traverser cette transition.

Vous souhaitez faire le point sur votre situation ? Notre équipe d’experts en audit énergétique est à votre disposition pour analyser votre bien, vous expliquer vos obligations et vous orienter vers les solutions les plus adaptées. Contactez-nous pour demander un audit ou être rappelé rapidement.

Sources