Location de passoires thermiques : le calendrier des interdictions expliqué aux propriétaires bailleurs

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

On parle de passoire thermique pour désigner un logement dont la performance énergétique est médiocre, c’est-à-dire classé F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces logements consomment une quantité excessive d’énergie — plus de 331 kWh/m²/an pour un F, plus de 421 kWh/m²/an pour un G — et contribuent significativement aux émissions de gaz à effet de serre. En France, on estime qu’ils représentent plusieurs millions de résidences principales, dont une large part est occupée en location.

Depuis la promulgation de la loi Climat et Résilience en août 2021, ces logements font l’objet d’un encadrement progressif et de plus en plus contraignant, avec pour objectif de les sortir du marché locatif ou de contraindre leurs propriétaires à les rénover.

Le calendrier officiel des interdictions de location

La loi Climat et Résilience a établi un calendrier précis pour l’interdiction progressive de la mise en location des passoires thermiques en France métropolitaine. Voici les grandes étapes :

1er janvier 2025 : fin de la mise en location des logements classés G

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être proposés à la location à titre de résidence principale. Cela concerne aussi bien les nouvelles mises en location que les renouvellements et reconductions de bail. Un logement classé G est désormais considéré comme non décent au sens de la loi, ce qui ouvre des droits au locataire déjà en place : il peut exiger la réalisation de travaux ou demander une réduction de loyer en justice.

1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements classés F

Dans moins de deux ans, environ un million de logements supplémentaires seront concernés : ceux classés F au DPE, dont la consommation est comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an. À compter du 1er janvier 2028, leur mise en location sera interdite. Les contrats de bail en cours pourront être maintenus jusqu’à leur terme naturel, mais toute nouvelle location ou tout renouvellement sera impossible sans amélioration préalable de la performance énergétique du bien.

1er janvier 2034 : le tour des logements classés E

La dernière étape du calendrier concerne les logements classés E (entre 250 et 330 kWh/m²/an). Bien qu’ils ne soient pas considérés comme des passoires thermiques à proprement parler, ils seront à leur tour interdits à la location à compter du 1er janvier 2034. Cette échéance laisse encore du temps, mais les travaux de rénovation prennent du temps à planifier et à financer : mieux vaut ne pas attendre.

Un calendrier spécifique pour l’Outre-mer

Les territoires d’Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) bénéficient d’un décalage dans l’application de ces interdictions, en raison des spécificités climatiques locales. Dans ces régions, l’interdiction de location des logements classés G prend effet le 1er janvier 2028, soit trois ans après la métropole.

Des mesures déjà en vigueur : le gel des loyers

L’interdiction de location n’est pas la seule contrainte qui pèse sur les propriétaires de passoires thermiques. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G sont soumis à un gel strict de leur loyer. Concrètement, les bailleurs concernés ne peuvent pas :

  • Appliquer un loyer supérieur à celui du précédent locataire lors de la signature d’un nouveau bail ;
  • Procéder à une révision annuelle du loyer en cours de bail ;
  • Augmenter le loyer lors du renouvellement du bail.

Cette mesure s’applique aux locations vides, meublées et aux baux mobilité à titre de résidence principale. Elle représente une perte économique réelle pour les propriétaires qui voient leur rendement locatif rogné par l’inflation, sans pouvoir répercuter la hausse des coûts sur le loyer.

Quelles sanctions pour les bailleurs qui ne respectent pas ces règles ?

Un logement classé G mis en location après le 1er janvier 2025 est juridiquement non décent. En cas de litige, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection. Ce dernier peut :

  • Ordonner la réalisation de travaux au propriétaire ;
  • Prononcer une réduction de loyer jusqu’à l’exécution des travaux ;
  • Condamner le bailleur à des dommages et intérêts.

Au-delà du risque judiciaire, un bien étiqueté G ou F perd aussi de la valeur sur le marché immobilier, et sa revente peut devenir plus difficile si aucun travaux n’a été entrepris.

Quelles solutions pour les propriétaires bailleurs ?

Face à ce calendrier réglementaire, les propriétaires ont plusieurs leviers à leur disposition :

Faire réaliser un audit énergétique

Avant d’engager la moindre dépense, il est indispensable de connaître précisément l’état thermique du logement et d’identifier les travaux prioritaires. Un audit énergétique réglementaire permet d’obtenir un plan de rénovation chiffré, avec les gains attendus à chaque étape. Il est obligatoire pour accéder au Parcours Accompagné de MaPrimeRénov’ et constitue le point de départ de tout projet de rénovation performante.

Engager des travaux de rénovation énergétique

Isolation des combles, des murs ou du plancher bas, remplacement d’un système de chauffage vétuste par une pompe à chaleur, installation d’une VMC performante… Les pistes de travaux sont nombreuses et doivent être priorisées selon le profil thermique du logement. L’objectif est d’atteindre au minimum la classe D au DPE pour sécuriser durablement le bien sur le marché locatif.

Mobiliser les aides financières disponibles

Les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs d’aide :

  • MaPrimeRénov’ (Parcours Accompagné pour les rénovations globales) ;
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) versés par les fournisseurs d’énergie ;
  • L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer les travaux sans avance de trésorerie ;
  • Les aides des collectivités locales (régions, départements, communes), variables selon les territoires.

La combinaison de ces aides peut couvrir une part significative du coût total des travaux, à condition de bien respecter les conditions d’éligibilité propres à chaque dispositif.

Anticiper, la meilleure stratégie pour 2028

L’échéance de 2028 peut sembler lointaine, mais les délais pour faire réaliser un audit, sélectionner un maître d’œuvre, obtenir les autorisations nécessaires et faire exécuter les travaux peuvent facilement atteindre 18 à 24 mois. Sans compter les délais d’instruction des dossiers d’aides. Les propriétaires de logements classés F qui attendent le dernier moment risquent de ne pas pouvoir louer leur bien à temps, ou d’être contraints d’accepter des conditions moins favorables.

La bonne nouvelle : en agissant dès maintenant, vous avez encore le choix du calendrier, des prestataires et des solutions techniques les mieux adaptées à votre bien.

Conclusion : ne laissez pas l’horloge tourner sans vous

Le calendrier des interdictions de location est clair, progressif et incontournable. Que votre logement soit classé G (déjà concerné), F (échéance 2028) ou E (2034), la question n’est plus de savoir si vous devrez rénover, mais quand et comment. La première étape est toujours la même : faire réaliser un audit énergétique par un professionnel qualifié.

Vous souhaitez faire le point sur votre situation ? Notre équipe Expert Audit Énergétique est à votre disposition pour réaliser votre audit et vous accompagner dans le montage de votre dossier d’aides. Contactez-nous dès aujourd’hui ou demandez à être rappelé gratuitement — c’est la première étape vers un bien rénové, rentable et conforme.

Sources

Loi Climat et Résilience : ce que les propriétaires doivent anticiper en 2026 et au-delà

La loi Climat et Résilience : une révolution silencieuse pour les propriétaires

Adoptée le 22 août 2021, la loi n°2021-1104 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets — plus connue sous le nom de loi Climat et Résilience — a profondément reconfiguré les règles du jeu immobilier en France. Cinq ans après sa promulgation, ses effets sont désormais bien concrets pour les propriétaires bailleurs comme pour les propriétaires occupants. Et ce n’est pas terminé : plusieurs échéances importantes arrivent dans les prochaines années.

Que vous possédiez un appartement en location, une maison que vous envisagez de vendre, ou que vous soyez membre d’une copropriété, ce texte vous concerne directement. Voici un tour d’horizon des obligations en vigueur et des décisions à anticiper.

Le gel des loyers des passoires thermiques : une contrainte déjà en place

Depuis le 24 août 2022, les loyers des logements classés F ou G au DPE sont gelés. Concrètement, un propriétaire bailleur ne peut plus augmenter le loyer d’un tel bien, ni lors d’un renouvellement de bail ni lors d’un changement de locataire — sauf à engager des travaux de rénovation permettant de sortir le logement de la catégorie des passoires thermiques.

Cette mesure vise à inciter les propriétaires à rénover leurs biens plutôt qu’à répercuter la hausse des coûts énergétiques sur les locataires. En pratique, elle réduit significativement la rentabilité locative des logements les moins performants.

Le calendrier des interdictions de location : des échéances à ne pas manquer

La loi Climat et Résilience prévoit une suppression progressive du parc locatif des logements les plus énergivores. Voici le calendrier qui s’applique en France métropolitaine :

  • 1er janvier 2025 : interdiction de mettre en location ou de relouer un logement classé G au DPE.
  • 1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements classés F.
  • 1er janvier 2034 : interdiction étendue aux logements classés E.

Pour les départements et régions d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), le calendrier est décalé : l’interdiction des logements G s’appliquera au 1er janvier 2028, et celle des logements F au 1er janvier 2031.

Attention : un propriétaire dont le logement G est déjà en cours de bail peut se retrouver dans l’impossibilité légale de relouer ce bien à l’expiration du contrat, s’il n’a pas engagé de travaux. La vacance locative devient alors un risque bien réel.

Un assouplissement en discussion au Parlement : l’engagement de travaux

En juillet 2026, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi Relance et décentralisation du logement. Son article 6 prévoit de réautoriser la location des logements classés F ou G, à condition que le propriétaire bailleur s’engage contractuellement dans une rénovation énergétique, avec un contrat de travaux à conclure avant 2030. Cette disposition traduit la volonté du législateur de ne pas bloquer brutalement le marché locatif, tout en maintenant une pression forte sur la rénovation.

Ce texte n’est pas encore définitivement adopté au moment de la rédaction de cet article : il convient de suivre son évolution avant d’en tenir compte dans votre stratégie patrimoniale.

L’audit énergétique obligatoire à la vente : êtes-vous concerné ?

La loi Climat et Résilience a introduit une obligation d’audit énergétique réglementaire préalable à toute vente d’un logement en monopropriété. Ce document, plus complet qu’un simple DPE, doit proposer des scénarios de travaux permettant d’améliorer la performance du bien.

Voici le calendrier d’entrée en vigueur :

  • Depuis le 1er avril 2023 : obligation pour les logements classés F et G.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : obligation étendue aux logements classés E.
  • À partir du 1er janvier 2034 : obligation étendue aux logements classés D.

Si vous envisagez de vendre un logement classé E, F ou G, vous devez donc impérativement disposer d’un audit énergétique réglementaire réalisé par un professionnel certifié (architecte, bureau d’études thermiques, diagnostiqueur qualifié) pour le présenter dès la première visite à l’acquéreur. L’absence de ce document peut bloquer la transaction.

Audit énergétique vs DPE : ne pas confondre

Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) reste obligatoire pour toute vente ou mise en location. L’audit énergétique réglementaire est un document supplémentaire, plus détaillé, qui s’impose en cas de vente des logements les plus énergivores. Ces deux documents répondent à des exigences distinctes et ne se substituent pas l’un à l’autre.

Le DPE collectif en copropriété : une obligation progressive

Les copropriétés ne sont pas en reste. La loi Climat et Résilience impose la réalisation d’un DPE collectif à l’échelle des immeubles, afin d’identifier les bâtiments les plus énergivores et de planifier des travaux à l’échelle collective. Cette obligation s’est progressivement étendue selon le nombre de lots :

  • Copropriétés de plus de 200 lots : depuis le 1er janvier 2024.
  • Copropriétés de 50 à 200 lots : depuis le 1er janvier 2025.
  • Copropriétés de moins de 50 lots : depuis le 1er janvier 2026.

Ce DPE collectif doit être renouvelé ou mis à jour tous les dix ans. Il constitue le point de départ indispensable à toute démarche de rénovation globale en copropriété.

La valeur verte : un enjeu patrimonial croissant

Au-delà des obligations légales, les propriétaires doivent également prendre en compte l’impact du DPE sur la valeur de revente de leur bien. Les logements les mieux classés se vendent plus cher et plus rapidement. À l’inverse, les passoires thermiques subissent une décote croissante sur le marché, notamment dans les zones tendues. Anticiper des travaux de rénovation, c’est aussi préserver — voire augmenter — son capital immobilier.

Par où commencer ?

Face à la multiplicité des obligations et des échéances, il est souvent difficile de savoir par où commencer. Voici les premières étapes recommandées :

  • Faire réaliser un DPE à jour pour connaître la classe énergétique actuelle de votre bien.
  • Commander un audit énergétique si vous envisagez de vendre un logement classé E, F ou G, ou si vous souhaitez établir un plan de travaux cohérent.
  • Évaluer les aides disponibles (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ…) pour financer les travaux dans les meilleures conditions.
  • Planifier les travaux prioritaires en tenant compte des délais d’intervention des entreprises RGE et des délais administratifs.

Conclusion : ne pas attendre la dernière échéance

La loi Climat et Résilience fixe un cap clair : les logements énergivores doivent progressivement quitter le marché locatif et, à terme, disparaître des transactions immobilières sans travaux préalables. Les propriétaires qui anticipent aujourd’hui éviteront les mauvaises surprises — vacance locative, blocage lors d’une vente, dépréciation du bien — et pourront profiter des aides financières, dont les conditions peuvent évoluer d’une année à l’autre.

Vous souhaitez faire le point sur la situation de votre logement ? Notre équipe d’experts vous accompagne pour réaliser un audit énergétique complet et vous orienter vers les meilleures solutions de rénovation. Contactez-nous dès aujourd’hui ou demandez à être rappelé : un conseiller vous répondra sous 24 heures.

Sources

Location de passoires thermiques : le calendrier des interdictions expliqué aux propriétaires

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

Une passoire thermique désigne un logement particulièrement énergivore, classé F ou G selon le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces biens consomment une quantité excessive d’énergie pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou la climatisation, et génèrent des factures élevées pour les occupants tout en émettant de grandes quantités de gaz à effet de serre.

En France, on estime que plusieurs millions de logements entrent dans cette catégorie. Face à l’urgence climatique, le législateur a décidé d’agir : la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a posé les bases d’une exclusion progressive de ces logements du marché locatif, en les qualifiant de « logements indécents » au regard de leur performance énergétique.

Le calendrier officiel des interdictions de location

Le calendrier est progressif et s’étale sur une décennie. Voici les grandes étapes à retenir pour la France métropolitaine :

  • Depuis le 24 août 2022 : les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer, ni lors du renouvellement du bail, ni en cours de contrat. L’indexation sur l’IRL (Indice de Référence des Loyers) est bloquée.
  • Depuis 2023 : les logements classés G+ (consommation supérieure à 450 kWh d’énergie finale par m² et par an) sont interdits à la mise en location ou à la relocation.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : l’interdiction s’étend à tous les logements classés G. Tout nouveau bail signé, renouvelé ou reconduit tacitement depuis cette date ne peut plus concerner un bien classé G. Les baux en cours signés avant le 1er janvier 2025 ne sont pas immédiatement résiliés, mais l’interdiction s’appliquera lors de leur renouvellement ou reconduction tacite.
  • Au 1er janvier 2028 : les logements classés F seront à leur tour concernés par l’interdiction de mise en location.
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E rejoindront la liste des biens ne pouvant plus être proposés à la location.

Et dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM) ?

Le calendrier y est décalé pour tenir compte des spécificités climatiques et du parc immobilier local. Le DPE n’y est d’ailleurs opposable que depuis juillet 2024. Pour les DROM, les logements classés G seront interdits à la location au 1er janvier 2028, et les F au 1er janvier 2031.

Ce que cela signifie concrètement pour les propriétaires bailleurs

Si vous possédez un logement classé G ou F, la question n’est plus de savoir si vous devrez agir, mais quand et comment. Voici les situations les plus courantes :

Vous avez un locataire en place depuis avant 2025

Votre bail en cours n’est pas remis en question immédiatement si votre logement est classé G. Cependant, lors du prochain renouvellement ou de la reconduction tacite, l’interdiction s’appliquera pleinement. Autrement dit, le délai avant la prochaine échéance de votre bail détermine votre marge de manœuvre pour entreprendre des travaux.

Votre logement est vacant ou en cours de relocation

Si votre logement classé G est actuellement vide, vous ne pouvez légalement pas proposer un nouveau contrat de location depuis le 1er janvier 2025. La mise sur le marché d’un tel bien expose le bailleur à des risques juridiques : un locataire peut saisir la justice pour faire constater l’indécence du logement et obtenir la réalisation de travaux, voire une réduction de loyer.

La vente reste possible

Il est important de le rappeler : le calendrier d’interdictions concerne uniquement la location. Vendre un logement classé F ou G reste tout à fait légal, même après 2028. L’obligation supplémentaire à la vente d’un logement F ou G est la réalisation d’un audit énergétique, qui doit être remis à l’acquéreur.

Un contexte réglementaire en mouvement en 2026

Il convient d’être attentif à l’évolution du cadre légal. En 2026, le gouvernement a annoncé l’étude d’un projet de loi visant à assouplir certaines conditions d’application de ces interdictions. L’idée centrale serait de permettre, sous conditions, à un propriétaire bailleur de continuer à louer un logement classé F ou G à condition de s’engager formellement à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un délai de trois à cinq ans selon le type de bien.

Ce projet, qui vise notamment à remettre sur le marché plusieurs centaines de milliers de logements retirés face à la pénurie, n’est pas encore voté à ce jour. Les obligations issues de la loi Climat et Résilience restent donc pleinement en vigueur. Suivez l’actualité législative de près et faites-vous accompagner par un professionnel pour adapter votre stratégie patrimoniale en temps réel.

Quelles aides pour financer la rénovation de votre bien locatif ?

Bonne nouvelle : les propriétaires bailleurs ont accès à plusieurs dispositifs d’aide pour financer la remise à niveau énergétique de leurs biens :

  • MaPrimeRénov’ Bailleur : versée par l’Anah, cette aide est accessible aux propriétaires qui louent leur logement en résidence principale (au moins 8 mois par an). Le logement doit avoir plus de 15 ans. Le montant est calculé selon les revenus du foyer du bailleur et la nature des travaux. En contrepartie, le bailleur s’engage à louer le logement pendant 6 ans après la fin des travaux. À noter : depuis le 1er juillet 2024, le dispositif est limité à 3 logements sur une période de 5 ans.
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : cumulables avec MaPrimeRénov’, ces primes sont versées par les fournisseurs d’énergie en échange de travaux d’économies d’énergie.
  • L’Éco-Prêt à Taux Zéro (Éco-PTZ) : un prêt sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique, accessible aux propriétaires bailleurs.
  • Les aides locales : de nombreuses collectivités territoriales (régions, départements, communes) proposent des compléments de financement. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre conseil régional.

Ces aides peuvent se cumuler pour couvrir une partie significative du coût des travaux. Un audit énergétique préalable permet d’identifier les gestes de rénovation les plus efficaces et de cibler les dispositifs les mieux adaptés à votre situation.

Comment se préparer dès maintenant ?

Face à ce calendrier réglementaire, la meilleure stratégie pour un propriétaire bailleur est l’anticipation. Voici les étapes clés :

  • Faire réaliser un audit énergétique de votre logement pour connaître précisément son classement DPE, identifier les travaux prioritaires et estimer les gains attendus.
  • Prioriser les travaux selon l’échéance qui vous concerne : si votre logement est classé G, l’urgence est immédiate ; si votre logement est classé F, vous avez jusqu’à 2028 pour agir.
  • Solliciter un accompagnement professionnel pour constituer votre dossier d’aides et optimiser le financement de vos travaux.
  • Anticiper l’impact sur votre loyer : rappelons que le gel des loyers pour les F et G est déjà en vigueur depuis 2022, ce qui érode progressivement votre rendement locatif en euros constants.

Conclusion

Le calendrier des interdictions de location des passoires thermiques est désormais bien établi, même si le contexte législatif de 2026 invite à rester vigilant sur d’éventuels assouplissements. Ce qui est certain, c’est que la rénovation énergétique de votre bien locatif constitue, à terme, la seule solution pérenne pour préserver votre patrimoine, maintenir vos revenus locatifs et vous conformer à la loi.

Vous possédez un logement classé F ou G et vous souhaitez faire le point sur vos obligations et les aides auxquelles vous avez droit ? L’équipe d’Expert Audit Énergétique est à votre disposition pour réaliser un audit complet et vous accompagner dans votre projet de rénovation. Contactez-nous dès aujourd’hui pour être rappelé gratuitement.

Sources

Loi Climat et Résilience : ce que les propriétaires doivent anticiper

La loi Climat et Résilience : un tournant pour le parc immobilier français

Promulguée le 22 août 2021, la loi n° 2021-1104 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience — dite loi Climat et Résilience — a profondément reconfiguré les obligations des propriétaires en matière de performance énergétique. Son objectif : éradiquer progressivement les passoires thermiques du parc locatif et de la vente immobilière, tout en incitant les propriétaires à engager des travaux de rénovation.

Cinq ans après son adoption, les effets concrets de cette loi se font sentir à chaque étape de la vie d’un bien immobilier : mise en location, mise en vente, gestion de copropriété. Voici un tour d’horizon complet des obligations qui s’imposent aujourd’hui — et de celles qui arrivent.

Le calendrier des interdictions de location : où en est-on en 2026 ?

La loi Climat et Résilience a instauré un calendrier progressif d’interdiction de location pour les logements les plus énergivores, classés selon leur étiquette au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).

  • Depuis le 1er janvier 2023 : les logements dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an (les plus extrêmes des G) ne peuvent plus être mis en location.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : tous les logements classés G sont considérés comme non décents et ne peuvent plus faire l’objet d’une nouvelle mise en location.
  • Au 1er janvier 2028 : ce sera au tour des logements classés F d’être concernés par cette interdiction.
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E seront à leur tour exclus du marché locatif si aucun travaux n’est réalisé.

Attention : ces interdictions concernent les nouvelles mises en location et les renouvellements de bail. Si vous êtes bailleur avec un locataire en place, des dispositions transitoires peuvent s’appliquer, mais la tendance de fond est claire. Il est urgent d’anticiper.

Le gel des loyers pour les passoires thermiques : une mesure déjà en vigueur

Depuis août 2022, les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer entre deux locataires, ni lors du renouvellement de bail. Cette mesure de gel des loyers s’applique aux locations vides et meublées, ainsi qu’aux baux mobilité.

Concrètement, si votre logement est une passoire thermique, vous êtes déjà pénalisé sur la rentabilité locative : impossible de réviser le loyer à la hausse, même en cas de forte inflation ou de loyer sous-évalué. La seule façon de retrouver une marge de manœuvre est de réaliser des travaux permettant de sortir des classes F ou G.

L’audit énergétique obligatoire à la vente : un document clé

En complément du DPE, la loi Climat et Résilience a rendu obligatoire la réalisation d’un audit énergétique réglementaire lors de la vente de maisons individuelles et d’immeubles en monopropriété les plus énergivores. Le calendrier mis en place par l’article L. 126-28-1 du code de la construction est le suivant :

  • Depuis le 1er avril 2023 : audit obligatoire pour les logements classés F ou G.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : obligation étendue aux logements classés E.
  • À partir du 1er janvier 2034 : les logements classés D seront également concernés.

Cet audit doit être remis au futur acquéreur dès la première visite, ou au plus tard à la signature de la promesse de vente. Il présente un état détaillé de la performance énergétique du logement et propose des scénarios de travaux chiffrés pour améliorer sa classe. Sa durée de validité est de cinq ans. Vendre un bien concerné sans cet audit expose le vendeur à des recours de l’acquéreur, voire à une annulation de la vente.

Si vous envisagez de vendre votre bien dans les prochaines années, vérifiez dès maintenant votre classe DPE : si elle est E, F ou G, l’audit est une étape incontournable de votre dossier de vente.

La réforme du DPE en 2026 : de nouveaux calculs qui changent la donne

Une révision importante de la méthode de calcul du DPE est entrée en vigueur en 2026. Elle favorise notamment les logements chauffés à l’électricité, dont l’étiquette peut s’améliorer d’une ou deux classes sans qu’aucun travaux ne soit réalisé. Des centaines de milliers de DPE établis avant cette réforme sont par ailleurs devenus caducs : ceux réalisés avant juillet 2021 n’étaient plus valables au 1er janvier 2025, et d’autres expirent progressivement selon leur ancienneté.

Si votre DPE date de plusieurs années, faites-le vérifier avant toute démarche : une mise à jour pourrait reclasser votre bien dans une catégorie moins contraignante… ou confirmer l’urgence des travaux.

Le DPE collectif : une obligation désormais généralisée aux copropriétés

La loi Climat et Résilience impose également la réalisation d’un DPE collectif pour les immeubles d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Ce diagnostic, établi à l’échelle de l’immeuble entier, a été introduit progressivement :

  • Depuis janvier 2024 : copropriétés de plus de 200 lots.
  • Depuis janvier 2025 : immeubles entre 50 et 200 lots.
  • Depuis janvier 2026 : copropriétés de moins de 50 lots.

Si vous êtes copropriétaire ou syndic, cette obligation vous concerne directement. Le DPE collectif permet d’orienter les futures décisions de travaux votées en assemblée générale et de disposer d’une vision globale de la performance du bâtiment.

Les meublés de tourisme également dans le viseur

En 2026, les meublés de tourisme (type Airbnb) sont eux aussi concernés par l’obligation de DPE. Cette extension du champ d’application de la réglementation témoigne de la volonté du législateur de couvrir l’ensemble du parc immobilier, qu’il soit loué à l’année ou de manière saisonnière.

Ce que les propriétaires doivent faire dès maintenant

Face à ce calendrier resserré, l’anticipation est la meilleure stratégie. Voici les priorités pour chaque profil :

  • Propriétaire bailleur d’un logement G : l’interdiction de location est déjà en vigueur. Des travaux de rénovation sont indispensables pour continuer à louer légalement. Plusieurs aides existent (MaPrimeRénov’, CEE…) pour financer ces chantiers.
  • Propriétaire bailleur d’un logement F : l’interdiction arrive au 1er janvier 2028. Il reste du temps, mais les délais de réalisation des travaux sont souvent plus longs qu’on ne l’imagine. Commencez par un audit énergétique pour planifier les interventions.
  • Propriétaire souhaitant vendre un bien E, F ou G : l’audit énergétique réglementaire est obligatoire. Faites-le réaliser en amont pour anticiper les questions des acheteurs et optimiser votre prix de vente.
  • Copropriétaire : vérifiez que votre immeuble a bien réalisé son DPE collectif. À défaut, interpellez votre syndic lors de la prochaine assemblée générale.

Conclusion : agir maintenant plutôt que subir demain

La loi Climat et Résilience n’est pas un horizon lointain : ses effets sont déjà concrets pour des millions de propriétaires en France. Chaque année d’inaction réduit vos marges de manœuvre — financières, juridiques et commerciales. La bonne nouvelle : des professionnels et des dispositifs d’accompagnement existent pour vous aider à traverser cette transition.

Vous souhaitez faire le point sur votre situation ? Notre équipe d’experts en audit énergétique est à votre disposition pour analyser votre bien, vous expliquer vos obligations et vous orienter vers les solutions les plus adaptées. Contactez-nous pour demander un audit ou être rappelé rapidement.

Sources

Passoires thermiques en location : ce que tout propriétaire bailleur doit savoir en 2026

Passoires thermiques en location : un cadre qui se durcit

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience de 2021, le marché locatif français connaît une transformation profonde. L’objectif est clair : éradiquer progressivement les logements énergivores du parc locatif pour protéger les locataires et réduire les émissions de gaz à effet de serre. En 2026, cette dynamique est bien réelle et les propriétaires bailleurs qui n’ont pas encore agi se retrouvent face à des contraintes concrètes — et croissantes.

Si vous possédez un ou plusieurs biens classés F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), cet article vous donne une vue d’ensemble claire : calendrier des interdictions, gel des loyers, sanctions encourues, et aides disponibles pour financer vos travaux.

Le calendrier des interdictions de location : les dates clés

La loi a fixé un calendrier progressif, et les premières échéances sont déjà passées. En voici le résumé pour la France métropolitaine :

  • Depuis 2023 : les logements classés G avec une consommation supérieure à 450 kWh/m²/an (les « G+ ») sont déjà interdits à la location.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : l’ensemble des logements classés G au DPE sont considérés comme indécents et ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail, d’un renouvellement ou d’une reconduction tacite.
  • À partir du 1er janvier 2028 : les logements classés F au DPE seront à leur tour interdits à la location.
  • À partir du 1er janvier 2034 : les logements classés E au DPE entreront également dans le champ des interdictions.

Pour les territoires d’Outre-mer, le calendrier est décalé : les classes G y seront interdites à partir de 2028 et les classes F à partir de 2031.

Point d’attention : si vous avez signé un bail avant le 1er janvier 2025, votre locataire reste en place jusqu’à l’échéance de son contrat. Mais dès le renouvellement ou la reconduction tacite, l’interdiction s’applique. En 2026, de nombreux baux conclus avant 2025 arrivent donc à leur terme : le moment d’agir, c’est maintenant.

Le gel des loyers : une contrainte financière immédiate

Au-delà des interdictions de louer, la loi Climat a introduit dès août 2022 une mesure qui touche directement vos revenus locatifs : le gel des loyers pour les logements classés F et G. Concrètement, pour tout bail signé, renouvelé ou reconduit tacitement depuis le 24 août 2022, il est interdit d’augmenter le loyer d’un logement étiqueté F ou G, même dans le cadre de la révision annuelle habituelle liée à l’Indice de Référence des Loyers (IRL).

Pour les propriétaires bailleurs concernés, cela signifie une perte progressive de rentabilité face à l’inflation, sans possibilité d’y remédier sans rénover le bien. À cela s’ajoute l’interdiction de tout complément de loyer pour ces mêmes logements, une mesure qui pénalise également les biens mal notés situés dans des zones tendues.

Quelles sanctions en cas de non-respect ?

Un logement qui ne satisfait pas aux critères minimaux de décence énergétique peut faire l’objet de recours de la part du locataire. Ce dernier peut mettre en demeure le propriétaire d’effectuer les travaux nécessaires. En cas de désaccord, le tribunal judiciaire peut être saisi et ordonner des travaux, une réduction de loyer, voire l’allocation de dommages et intérêts au locataire.

Sans compter l’impact patrimonial : un bien classé F ou G perd de la valeur sur le marché de la revente, et sa commerciabilité se réduit d’année en année.

Les aides financières pour rénover votre bien mis en location

La bonne nouvelle, c’est que les propriétaires bailleurs ont accès à plusieurs dispositifs d’aides pour financer leurs travaux de rénovation énergétique.

MaPrimeRénov’ pour les bailleurs

MaPrimeRénov’ est accessible aux propriétaires bailleurs personnes physiques. Le montant de l’aide est calculé en fonction des revenus fiscaux de référence du propriétaire (et non du locataire) et du type de travaux réalisés. Deux parcours existent :

  • Le parcours « Monogeste » : pour des travaux ciblés (isolation, changement de chauffe-eau, installation d’une VMC double-flux…). Depuis 2025, les aides sont conditionnées au remplacement du système de chauffage par un équipement utilisant les énergies renouvelables pour certains gestes.
  • Le parcours accompagné : pour des rénovations globales permettant de gagner au moins deux classes DPE. Ce parcours est le plus avantageux financièrement, mais il nécessite obligatoirement l’intervention d’un Accompagnateur Rénov’ et un audit énergétique préalable.

Les barèmes 2026 complets sont disponibles sur le site france-renov.gouv.fr. Notez que le plafond d’aides cumulées (MaPrimeRénov’ + CEE) est encadré selon votre catégorie de revenus, afin de ne pas dépasser le coût réel des travaux.

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)

Cumulables avec MaPrimeRénov’, les CEE sont des primes versées par les fournisseurs d’énergie en échange de travaux permettant des économies d’énergie. Elles peuvent couvrir une part significative du coût des travaux selon leur nature (isolation des combles, des murs, remplacement d’une chaudière, etc.).

Les aides de l’Anah pour les logements dégradés

Si votre logement est considéré comme dégradé ou indécent, vous pouvez également vous tourner vers les aides de l’Anah (Agence nationale de l’habitat), sous condition notamment de respecter des plafonds de loyers. Le dispositif Loc’Avantages permet par ailleurs de bénéficier d’une réduction d’impôt en échange d’un loyer modéré, tout en finançant vos travaux de rénovation.

Par où commencer ? L’audit énergétique, un préalable indispensable

Face à la complexité des réglementations et à la diversité des aides disponibles, il est souvent difficile de savoir par où commencer. Un audit énergétique professionnel vous permet d’obtenir une photographie précise de la performance de votre bien, d’identifier les travaux prioritaires et de chiffrer les gains énergétiques attendus — autant d’éléments indispensables pour monter un dossier d’aides solide et choisir les travaux les plus rentables.

En 2026, anticiper vaut mieux que subir. Plus vous agissez tôt, plus vous avez le choix des artisans, du planning et des dispositifs d’aide disponibles. Attendre 2027 pour un bien classé F, c’est prendre le risque de se retrouver dans l’urgence à quelques mois de l’échéance de 2028.

Conclusion : ne laissez pas l’horloge tourner

Le calendrier est fixé, les sanctions réelles, et les aides existent — mais elles demandent une préparation sérieuse. Que vous soyez propriétaire d’un seul appartement ou d’un petit patrimoine locatif, la rénovation énergétique de vos biens n’est plus une option : c’est une nécessité économique et réglementaire.

Vous souhaitez faire le point sur la situation de votre bien et connaître les travaux prioritaires à réaliser ? Notre équipe Expert Audit Énergétique vous accompagne de l’audit initial jusqu’au montage de votre dossier d’aides. Contactez-nous dès aujourd’hui pour demander votre audit ou vous faire rappeler gratuitement.

Sources