Audit énergétique obligatoire : dans quels cas et pourquoi le réaliser ?

Audit énergétique et DPE : deux documents à ne pas confondre

Beaucoup de propriétaires pensent qu’un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) récent suffit à remplir toutes leurs obligations avant une vente. C’est une erreur qui peut coûter cher. Le DPE et l’audit énergétique sont deux documents distincts, complémentaires, mais non interchangeables.

  • Le DPE attribue une étiquette énergétique de A à G et indique la consommation d’énergie primaire ainsi que les émissions de CO₂ du logement dans son état actuel. C’est un outil de mesure.
  • L’audit énergétique réglementaire va bien plus loin : il analyse en détail l’enveloppe du bâtiment, les systèmes de chauffage, de ventilation et de production d’eau chaude, puis propose des scénarios de travaux chiffrés pour améliorer la performance du logement, avec une estimation des gains énergétiques, des coûts et des aides mobilisables.

Un DPE valide ne vous dispense donc jamais de l’audit énergétique lorsque celui-ci est exigé par la loi.

Qui est concerné par l’obligation d’audit énergétique ?

L’obligation d’audit énergétique réglementaire a été instaurée par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 (article L. 126-28-1 du Code de la construction et de l’habitation). Elle s’applique lors de la vente de logements en monopropriété : maisons individuelles, mais aussi immeubles résidentiels appartenant à un seul propriétaire (hors copropriété).

Le calendrier officiel de mise en œuvre

La loi prévoit une entrée en vigueur progressive selon la classe DPE du logement :

  • Depuis le 1er avril 2023 : logements classés F ou G (les fameuses « passoires thermiques »).
  • Depuis le 1er janvier 2025 : logements classés E, soit des biens dont la consommation d’énergie primaire est comprise entre 231 et 330 kWh/m²/an.
  • À partir du 1er janvier 2034 : logements classés D.

En 2026, si vous mettez en vente une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, vous avez l’obligation de remettre un audit énergétique réglementaire à l’acheteur au plus tard lors de la signature de la promesse de vente. Ce document reste valable 5 ans à compter de sa réalisation.

Les logements non concernés par l’obligation

Tous les logements énergivores ne sont pas automatiquement soumis à cette obligation. Sont notamment exclus :

  • Les logements en copropriété (appartements), pour lesquels d’autres diagnostics s’appliquent.
  • Les logements classés A, B ou C.
  • Les logements classés D (jusqu’en 2034).

Pourquoi cette obligation existe-t-elle ?

La finalité de l’audit énergétique réglementaire n’est pas de pénaliser le vendeur, mais d’assurer une transparence totale vis-à-vis de l’acheteur. En France, le parc immobilier ancien compte des millions de logements énergivores. En imposant un audit détaillé, l’État oblige à informer l’acquéreur :

  • Sur l’état réel de la performance énergétique du bien ;
  • Sur les travaux nécessaires pour atteindre une rénovation performante ;
  • Sur les estimations de coûts et les aides financières disponibles pour ces travaux.

Important : l’audit n’oblige pas le vendeur à réaliser des travaux. Il l’oblige uniquement à informer. C’est à l’acheteur de décider, en connaissance de cause, s’il souhaite acquérir le bien et s’engager dans un projet de rénovation.

L’audit énergétique incitatif : un outil pour vos projets de rénovation

À côté de l’audit réglementaire (lié à la vente), il existe un audit énergétique incitatif, réalisé à la demande du propriétaire pour planifier des travaux de rénovation. Ces deux types d’audits sont distincts, mais leur contenu technique est similaire.

L’audit incitatif est notamment obligatoire pour accéder au parcours accompagné de MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur. Ce dispositif, qui vise une amélioration d’au minimum deux classes DPE, exige un audit préalable réalisé par un auditeur certifié. Sans ce document, le dossier est irrecevable auprès de l’Anah.

Bonne nouvelle : contrairement à l’audit réglementaire (lié à une vente), l’audit incitatif peut être partiellement financé par MaPrimeRénov’. Le montant de l’aide varie selon les revenus du ménage.

Qui peut réaliser un audit énergétique ?

L’audit énergétique réglementaire ne peut pas être réalisé par n’importe quel diagnostiqueur. Il doit être confié à un professionnel certifié, répondant à des exigences de compétences définies par décret. On parle généralement d’un bureau d’études thermiques ou d’un auditeur RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Ce professionnel se déplace sur site, mesure et analyse l’ensemble des composantes du bâtiment avant de remettre un rapport complet.

Le coût d’un audit énergétique varie selon la surface et la complexité du bien. À titre indicatif, les tarifs observés en 2026 se situent généralement :

  • Entre 500 € et 1 200 € pour une maison individuelle standard ;
  • Au-delà de 1 500 € pour des biens atypiques ou de grande surface.

Audit énergétique et valeur immobilière : une opportunité à saisir

Au-delà de la contrainte réglementaire, l’audit peut devenir un atout commercial. Un rapport détaillant des scénarios de rénovation chiffrés rassure les acquéreurs, leur permet de budgétiser leurs futurs travaux et peut faciliter la négociation. À l’inverse, l’absence d’audit obligatoire au moment de la vente peut entraîner des complications juridiques.

Par ailleurs, un logement rénové à la suite d’un audit voit généralement sa valeur augmenter grâce à ce que les professionnels appellent la « valeur verte » : les acheteurs sont prêts à payer davantage pour un bien économe en énergie, dans un contexte de hausse des prix de l’énergie.

Conclusion : anticipez, ne subissez pas

Que vous soyez sur le point de vendre un logement classé E, F ou G, ou que vous souhaitiez simplement planifier une rénovation ambitieuse, l’audit énergétique est aujourd’hui un passage incontournable. Bien compris et bien exploité, il n’est pas une contrainte mais un véritable feuille de route pour améliorer votre bien et valoriser votre patrimoine.

Vous souhaitez faire réaliser un audit énergétique par un professionnel certifié, ou simplement comprendre si votre logement est concerné ? Contactez notre équipe Expert Audit Énergétique : nous répondons à toutes vos questions et pouvons vous rappeler gratuitement pour étudier votre situation.

Sources

Isolation des murs par l’extérieur (ITE) : avantages, étapes et prix en 2026

Qu’est-ce que l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) ?

L’isolation thermique par l’extérieur, couramment appelée ITE, consiste à envelopper les murs d’un bâtiment d’une couche isolante posée côté façade, avant d’appliquer un revêtement de finition (enduit, bardage, vêture). Contrairement à l’isolation par l’intérieur, cette technique n’empiète pas sur la surface habitable et permet d’éliminer la quasi-totalité des ponts thermiques — ces zones de faiblesse qui, sur un mur non traité, peuvent être responsables de pertes de chaleur significatives.

Les murs représentent en moyenne entre 20 et 25 % des déperditions thermiques d’un logement. Agir sur cette enveloppe, c’est donc s’attaquer à l’une des causes majeures de l’inconfort hivernal et des factures de chauffage élevées.

Les principaux avantages de l’ITE

Un confort thermique amélioré toute l’année

En recouvrant intégralement la façade, l’ITE crée une enveloppe continue qui maintient la chaleur en hiver et protège de la surchauffe en été. Les murs, désormais situés côté chaud de l’isolant, jouent un rôle de masse thermique : ils se réchauffent progressivement et restituent la chaleur de manière homogène. Le résultat concret ? Plus de parois froides, moins de courants d’air ressentis et une température intérieure plus stable.

Une réduction des factures d’énergie

En améliorant significativement la résistance thermique des murs, l’ITE diminue les besoins en chauffage. L’économie réalisée dépend de l’état initial du logement, du type d’isolant choisi et du système de chauffage en place, mais les propriétaires constatent souvent une amélioration notable de leur classe au DPE — un atout précieux pour valoriser leur bien immobilier.

Une rénovation de façade combinée

Le chantier ITE est l’occasion rêvée de traiter simultanément l’état esthétique de votre façade. L’enduit de finition ou le bardage neuf redonne au bâtiment un aspect soigné, sans surcoût lié à une réfection de façade séparée. C’est un double investissement : confort énergétique et valeur patrimoniale.

Aucune perte de surface habitable

Contrairement à l’isolation par l’intérieur (ITI), l’ITE n’ampute pas vos pièces de quelques précieux centimètres. Les travaux se déroulent entièrement à l’extérieur, ce qui signifie que vous pouvez continuer à occuper votre logement pendant le chantier dans la plupart des cas.

Les étapes d’un chantier ITE

Étape 1 : l’audit énergétique et la conception du projet

Avant de lancer les travaux, un audit énergétique permet de dresser un état des lieux précis de votre logement et d’identifier le scénario de rénovation le plus pertinent. Cette étape est désormais incontournable si vous souhaitez bénéficier de MaPrimeRénov’ dans le cadre d’une rénovation d’ampleur (voir la section sur les aides). Elle vous permet également de choisir le type d’isolant et l’épaisseur adaptés à votre situation.

Étape 2 : la préparation de la façade

Le mur existant est nettoyé, débarrassé des éléments en saillie (volets, gouttières…) et traité si nécessaire (fissures, humidité). Un état de surface impeccable conditionne la durabilité du système isolant.

Étape 3 : la pose du système isolant

Deux grandes familles de systèmes coexistent :

  • Le système sous enduit (ETICS) : des panneaux isolants (polystyrène expansé, laine de roche, fibre de bois…) sont collés et/ou chevillés sur le mur, puis recouverts d’un enduit armé d’un treillis en fibre de verre. C’est la solution la plus répandue.
  • Le bardage ventilé : une lame d’air est ménagée entre l’isolant et le revêtement extérieur (bois, composite, fibrociment…), ce qui favorise l’évacuation de l’humidité et renforce la protection contre les intempéries.

Pour être éligible aux aides financières, la résistance thermique (R) du matériau isolant doit être au minimum de 2,8 m².K/W.

Étape 4 : la finition et la reprise des ouvertures

Les menuiseries, appuis de fenêtres, coffres de volets roulants et autres points singuliers sont soigneusement repris pour garantir la continuité de l’isolation et éviter tout pont thermique résiduel. Le revêtement final (enduit teinté, bardage) est ensuite appliqué pour conférer à la façade son aspect définitif.

Quel prix pour une ITE en 2026 ?

Le coût d’une isolation des murs par l’extérieur varie en fonction de nombreux paramètres : technique employée, type et épaisseur d’isolant, état initial de la façade, complexité architecturale (présence de balcons, bow-windows, décrochés…) et localisation géographique de votre logement.

À titre indicatif, le prix d’une ITE se situe généralement entre 120 et 270 € par m², pose et finition comprises. Ce montant englobe la fourniture des matériaux isolants, la main-d’œuvre et le revêtement de finition. Pour un pavillon de 100 m² de surface habitable, dont la surface de façade à isoler peut avoisiner les 150 m², le budget total peut donc varier significativement.

Plusieurs leviers permettent de réduire la facture finale :

  • Le choix d’un isolant courant (polystyrène expansé) plutôt qu’un isolant biosourcé plus onéreux
  • La simplicité architecturale de la façade
  • La mobilisation des aides financières disponibles (voir ci-dessous)

Quelles aides financières pour votre ITE en 2026 ?

MaPrimeRénov’ : uniquement via le Parcours accompagné

C’est la nouveauté majeure de 2026 : depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs par l’extérieur n’est plus finançable via le parcours par geste de MaPrimeRénov’. Pour bénéficier de cette aide de l’Anah, votre projet d’ITE doit s’inscrire dans une rénovation d’ampleur (parcours accompagné), impliquant plusieurs gestes de travaux et un gain d’au moins deux classes au DPE.

Dans ce cadre, le recours à un Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), professionnel agréé par l’État, est obligatoire. Les plafonds de dépenses éligibles ont été revus à la baisse depuis septembre 2025 :

  • Gain de 2 classes au DPE : plafond de dépenses éligibles fixé à 30 000 € HT
  • Gain de 3 classes ou plus au DPE : plafond fixé à 40 000 € HT

Les taux de prise en charge varient selon votre catégorie de revenus (très modestes, modestes, intermédiaires, supérieurs). Plus vos revenus sont modestes, plus le taux de subvention est élevé. Les ménages aux revenus intermédiaires bénéficient d’un taux de 45 % et ceux aux revenus supérieurs de 10 %.

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)

Bonne nouvelle : l’ITE reste éligible aux primes CEE en 2026, même en dehors du parcours par geste MaPrimeRénov’. Ces primes, versées par les fournisseurs d’énergie (opération BAR-EN-102), sont cumulables avec MaPrimeRénov’. Leur montant dépend de vos revenus, de votre zone géographique et de la surface isolée. Elles peuvent atteindre jusqu’à 12 €/m² pour les ménages aux revenus très modestes.

La TVA à taux réduit

Les travaux d’ITE réalisés par un professionnel RGE dans un logement achevé depuis plus de deux ans bénéficient d’une TVA à 5,5 % au lieu de 10 % ou 20 %. Cette réduction s’applique sur la main-d’œuvre et les matériaux, ce qui représente une économie non négligeable sur le montant total de la facture.

L’Éco-PTZ (Éco-prêt à taux zéro)

Si vous ne disposez pas des liquidités nécessaires pour financer le reste à charge, l’Éco-PTZ vous permet d’emprunter sans intérêts pour financer vos travaux de rénovation énergétique, dont l’ITE, et ce quel que soit votre niveau de revenus.

Choisir un professionnel RGE : une condition indispensable

Pour accéder à l’ensemble de ces aides, vos travaux doivent impérativement être réalisés par une entreprise titulaire de la mention RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), qualification délivrée par des organismes accrédités. Ce label garantit un niveau de compétence minimal en matière de rénovation énergétique et assure la conformité des travaux aux exigences techniques en vigueur. Vérifiez toujours la validité de cette qualification avant de signer un devis.

Conclusion : passez à l’action avec un audit énergétique

L’isolation thermique par l’extérieur est un investissement structurant qui améliore durablement le confort, réduit les dépenses énergétiques et valorise votre bien immobilier. En 2026, les règles d’accès aux aides ont évolué, mais des dispositifs solides restent disponibles pour les propriétaires qui s’engagent dans une rénovation d’ampleur. La clé : bien préparer son projet en amont, avec un professionnel compétent.

Vous souhaitez savoir si votre logement est éligible et quel budget prévoir ? Notre équipe est à votre disposition pour réaliser un audit énergétique personnalisé et vous orienter vers les aides les plus avantageuses. Demandez à être rappelé gratuitement — un conseiller Expert Audit Énergétique vous recontacte sous 24 h.

Sources

Location de passoires thermiques : le calendrier des interdictions expliqué aux propriétaires bailleurs

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

On parle de passoire thermique pour désigner un logement dont la performance énergétique est médiocre, c’est-à-dire classé F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces logements consomment une quantité excessive d’énergie — plus de 331 kWh/m²/an pour un F, plus de 421 kWh/m²/an pour un G — et contribuent significativement aux émissions de gaz à effet de serre. En France, on estime qu’ils représentent plusieurs millions de résidences principales, dont une large part est occupée en location.

Depuis la promulgation de la loi Climat et Résilience en août 2021, ces logements font l’objet d’un encadrement progressif et de plus en plus contraignant, avec pour objectif de les sortir du marché locatif ou de contraindre leurs propriétaires à les rénover.

Le calendrier officiel des interdictions de location

La loi Climat et Résilience a établi un calendrier précis pour l’interdiction progressive de la mise en location des passoires thermiques en France métropolitaine. Voici les grandes étapes :

1er janvier 2025 : fin de la mise en location des logements classés G

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être proposés à la location à titre de résidence principale. Cela concerne aussi bien les nouvelles mises en location que les renouvellements et reconductions de bail. Un logement classé G est désormais considéré comme non décent au sens de la loi, ce qui ouvre des droits au locataire déjà en place : il peut exiger la réalisation de travaux ou demander une réduction de loyer en justice.

1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements classés F

Dans moins de deux ans, environ un million de logements supplémentaires seront concernés : ceux classés F au DPE, dont la consommation est comprise entre 331 et 420 kWh/m²/an. À compter du 1er janvier 2028, leur mise en location sera interdite. Les contrats de bail en cours pourront être maintenus jusqu’à leur terme naturel, mais toute nouvelle location ou tout renouvellement sera impossible sans amélioration préalable de la performance énergétique du bien.

1er janvier 2034 : le tour des logements classés E

La dernière étape du calendrier concerne les logements classés E (entre 250 et 330 kWh/m²/an). Bien qu’ils ne soient pas considérés comme des passoires thermiques à proprement parler, ils seront à leur tour interdits à la location à compter du 1er janvier 2034. Cette échéance laisse encore du temps, mais les travaux de rénovation prennent du temps à planifier et à financer : mieux vaut ne pas attendre.

Un calendrier spécifique pour l’Outre-mer

Les territoires d’Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) bénéficient d’un décalage dans l’application de ces interdictions, en raison des spécificités climatiques locales. Dans ces régions, l’interdiction de location des logements classés G prend effet le 1er janvier 2028, soit trois ans après la métropole.

Des mesures déjà en vigueur : le gel des loyers

L’interdiction de location n’est pas la seule contrainte qui pèse sur les propriétaires de passoires thermiques. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G sont soumis à un gel strict de leur loyer. Concrètement, les bailleurs concernés ne peuvent pas :

  • Appliquer un loyer supérieur à celui du précédent locataire lors de la signature d’un nouveau bail ;
  • Procéder à une révision annuelle du loyer en cours de bail ;
  • Augmenter le loyer lors du renouvellement du bail.

Cette mesure s’applique aux locations vides, meublées et aux baux mobilité à titre de résidence principale. Elle représente une perte économique réelle pour les propriétaires qui voient leur rendement locatif rogné par l’inflation, sans pouvoir répercuter la hausse des coûts sur le loyer.

Quelles sanctions pour les bailleurs qui ne respectent pas ces règles ?

Un logement classé G mis en location après le 1er janvier 2025 est juridiquement non décent. En cas de litige, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection. Ce dernier peut :

  • Ordonner la réalisation de travaux au propriétaire ;
  • Prononcer une réduction de loyer jusqu’à l’exécution des travaux ;
  • Condamner le bailleur à des dommages et intérêts.

Au-delà du risque judiciaire, un bien étiqueté G ou F perd aussi de la valeur sur le marché immobilier, et sa revente peut devenir plus difficile si aucun travaux n’a été entrepris.

Quelles solutions pour les propriétaires bailleurs ?

Face à ce calendrier réglementaire, les propriétaires ont plusieurs leviers à leur disposition :

Faire réaliser un audit énergétique

Avant d’engager la moindre dépense, il est indispensable de connaître précisément l’état thermique du logement et d’identifier les travaux prioritaires. Un audit énergétique réglementaire permet d’obtenir un plan de rénovation chiffré, avec les gains attendus à chaque étape. Il est obligatoire pour accéder au Parcours Accompagné de MaPrimeRénov’ et constitue le point de départ de tout projet de rénovation performante.

Engager des travaux de rénovation énergétique

Isolation des combles, des murs ou du plancher bas, remplacement d’un système de chauffage vétuste par une pompe à chaleur, installation d’une VMC performante… Les pistes de travaux sont nombreuses et doivent être priorisées selon le profil thermique du logement. L’objectif est d’atteindre au minimum la classe D au DPE pour sécuriser durablement le bien sur le marché locatif.

Mobiliser les aides financières disponibles

Les propriétaires bailleurs peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs d’aide :

  • MaPrimeRénov’ (Parcours Accompagné pour les rénovations globales) ;
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) versés par les fournisseurs d’énergie ;
  • L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer les travaux sans avance de trésorerie ;
  • Les aides des collectivités locales (régions, départements, communes), variables selon les territoires.

La combinaison de ces aides peut couvrir une part significative du coût total des travaux, à condition de bien respecter les conditions d’éligibilité propres à chaque dispositif.

Anticiper, la meilleure stratégie pour 2028

L’échéance de 2028 peut sembler lointaine, mais les délais pour faire réaliser un audit, sélectionner un maître d’œuvre, obtenir les autorisations nécessaires et faire exécuter les travaux peuvent facilement atteindre 18 à 24 mois. Sans compter les délais d’instruction des dossiers d’aides. Les propriétaires de logements classés F qui attendent le dernier moment risquent de ne pas pouvoir louer leur bien à temps, ou d’être contraints d’accepter des conditions moins favorables.

La bonne nouvelle : en agissant dès maintenant, vous avez encore le choix du calendrier, des prestataires et des solutions techniques les mieux adaptées à votre bien.

Conclusion : ne laissez pas l’horloge tourner sans vous

Le calendrier des interdictions de location est clair, progressif et incontournable. Que votre logement soit classé G (déjà concerné), F (échéance 2028) ou E (2034), la question n’est plus de savoir si vous devrez rénover, mais quand et comment. La première étape est toujours la même : faire réaliser un audit énergétique par un professionnel qualifié.

Vous souhaitez faire le point sur votre situation ? Notre équipe Expert Audit Énergétique est à votre disposition pour réaliser votre audit et vous accompagner dans le montage de votre dossier d’aides. Contactez-nous dès aujourd’hui ou demandez à être rappelé gratuitement — c’est la première étape vers un bien rénové, rentable et conforme.

Sources

Loi Climat et Résilience : ce que les propriétaires doivent anticiper en 2026 et au-delà

La loi Climat et Résilience : une révolution silencieuse pour les propriétaires

Adoptée le 22 août 2021, la loi n°2021-1104 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets — plus connue sous le nom de loi Climat et Résilience — a profondément reconfiguré les règles du jeu immobilier en France. Cinq ans après sa promulgation, ses effets sont désormais bien concrets pour les propriétaires bailleurs comme pour les propriétaires occupants. Et ce n’est pas terminé : plusieurs échéances importantes arrivent dans les prochaines années.

Que vous possédiez un appartement en location, une maison que vous envisagez de vendre, ou que vous soyez membre d’une copropriété, ce texte vous concerne directement. Voici un tour d’horizon des obligations en vigueur et des décisions à anticiper.

Le gel des loyers des passoires thermiques : une contrainte déjà en place

Depuis le 24 août 2022, les loyers des logements classés F ou G au DPE sont gelés. Concrètement, un propriétaire bailleur ne peut plus augmenter le loyer d’un tel bien, ni lors d’un renouvellement de bail ni lors d’un changement de locataire — sauf à engager des travaux de rénovation permettant de sortir le logement de la catégorie des passoires thermiques.

Cette mesure vise à inciter les propriétaires à rénover leurs biens plutôt qu’à répercuter la hausse des coûts énergétiques sur les locataires. En pratique, elle réduit significativement la rentabilité locative des logements les moins performants.

Le calendrier des interdictions de location : des échéances à ne pas manquer

La loi Climat et Résilience prévoit une suppression progressive du parc locatif des logements les plus énergivores. Voici le calendrier qui s’applique en France métropolitaine :

  • 1er janvier 2025 : interdiction de mettre en location ou de relouer un logement classé G au DPE.
  • 1er janvier 2028 : interdiction étendue aux logements classés F.
  • 1er janvier 2034 : interdiction étendue aux logements classés E.

Pour les départements et régions d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), le calendrier est décalé : l’interdiction des logements G s’appliquera au 1er janvier 2028, et celle des logements F au 1er janvier 2031.

Attention : un propriétaire dont le logement G est déjà en cours de bail peut se retrouver dans l’impossibilité légale de relouer ce bien à l’expiration du contrat, s’il n’a pas engagé de travaux. La vacance locative devient alors un risque bien réel.

Un assouplissement en discussion au Parlement : l’engagement de travaux

En juillet 2026, le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi Relance et décentralisation du logement. Son article 6 prévoit de réautoriser la location des logements classés F ou G, à condition que le propriétaire bailleur s’engage contractuellement dans une rénovation énergétique, avec un contrat de travaux à conclure avant 2030. Cette disposition traduit la volonté du législateur de ne pas bloquer brutalement le marché locatif, tout en maintenant une pression forte sur la rénovation.

Ce texte n’est pas encore définitivement adopté au moment de la rédaction de cet article : il convient de suivre son évolution avant d’en tenir compte dans votre stratégie patrimoniale.

L’audit énergétique obligatoire à la vente : êtes-vous concerné ?

La loi Climat et Résilience a introduit une obligation d’audit énergétique réglementaire préalable à toute vente d’un logement en monopropriété. Ce document, plus complet qu’un simple DPE, doit proposer des scénarios de travaux permettant d’améliorer la performance du bien.

Voici le calendrier d’entrée en vigueur :

  • Depuis le 1er avril 2023 : obligation pour les logements classés F et G.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : obligation étendue aux logements classés E.
  • À partir du 1er janvier 2034 : obligation étendue aux logements classés D.

Si vous envisagez de vendre un logement classé E, F ou G, vous devez donc impérativement disposer d’un audit énergétique réglementaire réalisé par un professionnel certifié (architecte, bureau d’études thermiques, diagnostiqueur qualifié) pour le présenter dès la première visite à l’acquéreur. L’absence de ce document peut bloquer la transaction.

Audit énergétique vs DPE : ne pas confondre

Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) reste obligatoire pour toute vente ou mise en location. L’audit énergétique réglementaire est un document supplémentaire, plus détaillé, qui s’impose en cas de vente des logements les plus énergivores. Ces deux documents répondent à des exigences distinctes et ne se substituent pas l’un à l’autre.

Le DPE collectif en copropriété : une obligation progressive

Les copropriétés ne sont pas en reste. La loi Climat et Résilience impose la réalisation d’un DPE collectif à l’échelle des immeubles, afin d’identifier les bâtiments les plus énergivores et de planifier des travaux à l’échelle collective. Cette obligation s’est progressivement étendue selon le nombre de lots :

  • Copropriétés de plus de 200 lots : depuis le 1er janvier 2024.
  • Copropriétés de 50 à 200 lots : depuis le 1er janvier 2025.
  • Copropriétés de moins de 50 lots : depuis le 1er janvier 2026.

Ce DPE collectif doit être renouvelé ou mis à jour tous les dix ans. Il constitue le point de départ indispensable à toute démarche de rénovation globale en copropriété.

La valeur verte : un enjeu patrimonial croissant

Au-delà des obligations légales, les propriétaires doivent également prendre en compte l’impact du DPE sur la valeur de revente de leur bien. Les logements les mieux classés se vendent plus cher et plus rapidement. À l’inverse, les passoires thermiques subissent une décote croissante sur le marché, notamment dans les zones tendues. Anticiper des travaux de rénovation, c’est aussi préserver — voire augmenter — son capital immobilier.

Par où commencer ?

Face à la multiplicité des obligations et des échéances, il est souvent difficile de savoir par où commencer. Voici les premières étapes recommandées :

  • Faire réaliser un DPE à jour pour connaître la classe énergétique actuelle de votre bien.
  • Commander un audit énergétique si vous envisagez de vendre un logement classé E, F ou G, ou si vous souhaitez établir un plan de travaux cohérent.
  • Évaluer les aides disponibles (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ…) pour financer les travaux dans les meilleures conditions.
  • Planifier les travaux prioritaires en tenant compte des délais d’intervention des entreprises RGE et des délais administratifs.

Conclusion : ne pas attendre la dernière échéance

La loi Climat et Résilience fixe un cap clair : les logements énergivores doivent progressivement quitter le marché locatif et, à terme, disparaître des transactions immobilières sans travaux préalables. Les propriétaires qui anticipent aujourd’hui éviteront les mauvaises surprises — vacance locative, blocage lors d’une vente, dépréciation du bien — et pourront profiter des aides financières, dont les conditions peuvent évoluer d’une année à l’autre.

Vous souhaitez faire le point sur la situation de votre logement ? Notre équipe d’experts vous accompagne pour réaliser un audit énergétique complet et vous orienter vers les meilleures solutions de rénovation. Contactez-nous dès aujourd’hui ou demandez à être rappelé : un conseiller vous répondra sous 24 heures.

Sources

Audit énergétique obligatoire en 2026 : qui est concerné et quelles sont les conséquences ?

Qu’est-ce que l’audit énergétique réglementaire ?

L’audit énergétique réglementaire ne doit pas être confondu avec le simple Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Là où le DPE est un « instantané » de la consommation estimée d’un logement, l’audit va beaucoup plus loin : il analyse en détail l’enveloppe du bâtiment (murs, toiture, fenêtres, planchers), les systèmes de chauffage, de ventilation et de production d’eau chaude, puis propose des scénarios concrets de travaux chiffrés pour améliorer significativement la performance du bien. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision pour le propriétaire comme pour l’acquéreur.

Ce document a une validité de cinq ans à compter de sa date de réalisation. Passé ce délai, il doit être renouvelé si vous souhaitez vendre votre logement ou déposer un nouveau dossier d’aide.

Dans quels cas l’audit énergétique est-il obligatoire en 2026 ?

En 2026, deux situations distinctes rendent cet audit indispensable :

1. La vente d’un logement énergivore

Depuis l’entrée en vigueur progressive de la loi Climat et Résilience (loi n° 2021-1114 du 22 août 2021), tout propriétaire qui met en vente une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété dont le DPE est classé F ou G doit fournir un audit énergétique à l’acquéreur potentiel dès la première visite, et au plus tard le jour de la signature du compromis. Cette obligation s’applique aux classes F et G depuis le 1er avril 2023, et a été étendue aux logements classés E depuis le 1er janvier 2025.

Une prochaine étape est déjà programmée : les logements classés D seront concernés à partir du 1er janvier 2034. Il est donc utile d’anticiper, même si votre bien n’est pas encore dans les classes les plus énergivores.

  • Qui est concerné : propriétaires de maisons individuelles et d’immeubles détenus par un seul propriétaire, classés E, F ou G au DPE.
  • Qui n’est pas concerné : les copropriétés (qui relèvent d’une procédure distincte) et les logements classés A, B, C ou D (pour l’instant).
  • Ce que cela change : l’audit ne bloque pas la vente, mais il informe pleinement l’acheteur des travaux à prévoir et de leur coût estimatif.

2. Le recours au parcours accompagné de MaPrimeRénov’

L’audit énergétique est également obligatoire pour accéder au parcours accompagné de MaPrimeRénov’, c’est-à-dire lorsque vous engagez une rénovation globale (aussi appelée rénovation d’ampleur) visant un gain d’au moins deux classes DPE. Cette obligation, introduite en 2023, est maintenue en 2026. Dans ce cadre, un audit est réalisé avant les travaux pour définir le programme de rénovation, et un second peut être demandé après les travaux pour attester du gain énergétique.

À noter : l’audit énergétique n’est pas exigé pour le parcours par geste de MaPrimeRénov’ (isolation des combles, remplacement de chaudière, installation d’une pompe à chaleur réalisés isolément).

Qui peut réaliser un audit énergétique ?

Pour être valable, l’audit doit impérativement être confié à un professionnel certifié. En 2026, les catégories habilitées sont :

  • Les bureaux d’études thermiques titulaires d’une certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) mention « audit énergétique » ;
  • Les architectes ayant suivi une formation spécifique reconnue ;
  • Les entreprises certifiées Qualibat 8731 ou OPQIBI 1905.

Vous pouvez retrouver un professionnel qualifié près de chez vous sur l’annuaire France Rénov’ (france-renov.gouv.fr). Attention aux offres trop bon marché qui ne respecteraient pas le cahier des charges réglementaire : un audit incomplet ou réalisé par un professionnel non certifié n’a aucune valeur juridique.

Que contient concrètement un audit énergétique ?

L’audit réglementaire est un document structuré qui comprend :

  • Une analyse complète du bâti : isolation, pont thermique, étanchéité à l’air ;
  • Un état des lieux des équipements (chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation) ;
  • La consommation estimée actuelle avec comparaison aux seuils réglementaires ;
  • Au moins deux scénarios de travaux, dont un permettant d’atteindre une classe A ou B et un autre constituant une étape intermédiaire réaliste ;
  • Une estimation du coût des travaux pour chaque scénario, ainsi que les aides financières mobilisables.

C’est justement cette richesse d’information qui distingue l’audit du simple DPE, et qui en fait un véritable outil de planification pour les propriétaires souhaitant valoriser leur patrimoine ou réduire durablement leurs factures d’énergie.

Quel est le coût d’un audit énergétique en 2026 ?

Le tarif varie selon la surface, la complexité du logement et la localisation. À titre indicatif, les fourchettes constatées sur le marché en 2026 sont les suivantes :

  • 800 à 2 000 € pour une maison individuelle de taille standard ;
  • Jusqu’à 3 500 € pour les grandes maisons (plus de 250 m²) ou les bâtiments présentant des configurations complexes (véranda, dépendances, systèmes multi-énergies).

Dans le cadre du parcours accompagné MaPrimeRénov’, les honoraires de l’auditeur sont en partie inclus dans ceux de votre Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), eux-mêmes subventionnés par l’Anah. Ce qui réduit sensiblement le reste à charge.

Un conseil pratique : commandez votre audit bien en amont de la mise en vente. Les délais chez les professionnels certifiés peuvent s’allonger, notamment au printemps et en début d’été, périodes de forte activité immobilière.

Pourquoi l’audit énergétique est une opportunité, pas une contrainte

Beaucoup de propriétaires vivent l’obligation d’audit comme une formalité imposée. En réalité, c’est souvent l’inverse : un audit bien réalisé vous permet de mieux valoriser votre bien en prouvant les marges d’amélioration réelles, de négocier sereinement avec les acheteurs sur la base de données objectives, et de planifier des travaux ciblés qui augmenteront durablement la valeur de votre patrimoine.

Pour les propriétaires non vendeurs, l’audit reste un puissant outil de diagnostic : il vous aide à prioriser les chantiers selon leur retour sur investissement, et à mobiliser les aides disponibles dans le bon ordre.

Conclusion : ne subissez pas l’audit, anticipez-le

Que vous envisagiez de vendre un logement classé E, F ou G, ou que vous souhaitiez entamer une rénovation globale avec MaPrimeRénov’, l’audit énergétique est désormais une étape incontournable du parcours propriétaire en France. Bien préparé, il devient un véritable atout stratégique.

Vous souhaitez faire réaliser votre audit énergétique par un professionnel certifié, ou simplement comprendre votre situation avant de prendre une décision ? L’équipe d’Expert Audit Énergétique est à votre disposition. Contactez-nous dès aujourd’hui pour une prise en charge rapide ou demandez à être rappelé gratuitement.

Sources

Location de passoires thermiques : le calendrier des interdictions expliqué aux propriétaires

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

Une passoire thermique désigne un logement particulièrement énergivore, classé F ou G selon le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ces biens consomment une quantité excessive d’énergie pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire ou la climatisation, et génèrent des factures élevées pour les occupants tout en émettant de grandes quantités de gaz à effet de serre.

En France, on estime que plusieurs millions de logements entrent dans cette catégorie. Face à l’urgence climatique, le législateur a décidé d’agir : la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a posé les bases d’une exclusion progressive de ces logements du marché locatif, en les qualifiant de « logements indécents » au regard de leur performance énergétique.

Le calendrier officiel des interdictions de location

Le calendrier est progressif et s’étale sur une décennie. Voici les grandes étapes à retenir pour la France métropolitaine :

  • Depuis le 24 août 2022 : les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer, ni lors du renouvellement du bail, ni en cours de contrat. L’indexation sur l’IRL (Indice de Référence des Loyers) est bloquée.
  • Depuis 2023 : les logements classés G+ (consommation supérieure à 450 kWh d’énergie finale par m² et par an) sont interdits à la mise en location ou à la relocation.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : l’interdiction s’étend à tous les logements classés G. Tout nouveau bail signé, renouvelé ou reconduit tacitement depuis cette date ne peut plus concerner un bien classé G. Les baux en cours signés avant le 1er janvier 2025 ne sont pas immédiatement résiliés, mais l’interdiction s’appliquera lors de leur renouvellement ou reconduction tacite.
  • Au 1er janvier 2028 : les logements classés F seront à leur tour concernés par l’interdiction de mise en location.
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E rejoindront la liste des biens ne pouvant plus être proposés à la location.

Et dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM) ?

Le calendrier y est décalé pour tenir compte des spécificités climatiques et du parc immobilier local. Le DPE n’y est d’ailleurs opposable que depuis juillet 2024. Pour les DROM, les logements classés G seront interdits à la location au 1er janvier 2028, et les F au 1er janvier 2031.

Ce que cela signifie concrètement pour les propriétaires bailleurs

Si vous possédez un logement classé G ou F, la question n’est plus de savoir si vous devrez agir, mais quand et comment. Voici les situations les plus courantes :

Vous avez un locataire en place depuis avant 2025

Votre bail en cours n’est pas remis en question immédiatement si votre logement est classé G. Cependant, lors du prochain renouvellement ou de la reconduction tacite, l’interdiction s’appliquera pleinement. Autrement dit, le délai avant la prochaine échéance de votre bail détermine votre marge de manœuvre pour entreprendre des travaux.

Votre logement est vacant ou en cours de relocation

Si votre logement classé G est actuellement vide, vous ne pouvez légalement pas proposer un nouveau contrat de location depuis le 1er janvier 2025. La mise sur le marché d’un tel bien expose le bailleur à des risques juridiques : un locataire peut saisir la justice pour faire constater l’indécence du logement et obtenir la réalisation de travaux, voire une réduction de loyer.

La vente reste possible

Il est important de le rappeler : le calendrier d’interdictions concerne uniquement la location. Vendre un logement classé F ou G reste tout à fait légal, même après 2028. L’obligation supplémentaire à la vente d’un logement F ou G est la réalisation d’un audit énergétique, qui doit être remis à l’acquéreur.

Un contexte réglementaire en mouvement en 2026

Il convient d’être attentif à l’évolution du cadre légal. En 2026, le gouvernement a annoncé l’étude d’un projet de loi visant à assouplir certaines conditions d’application de ces interdictions. L’idée centrale serait de permettre, sous conditions, à un propriétaire bailleur de continuer à louer un logement classé F ou G à condition de s’engager formellement à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un délai de trois à cinq ans selon le type de bien.

Ce projet, qui vise notamment à remettre sur le marché plusieurs centaines de milliers de logements retirés face à la pénurie, n’est pas encore voté à ce jour. Les obligations issues de la loi Climat et Résilience restent donc pleinement en vigueur. Suivez l’actualité législative de près et faites-vous accompagner par un professionnel pour adapter votre stratégie patrimoniale en temps réel.

Quelles aides pour financer la rénovation de votre bien locatif ?

Bonne nouvelle : les propriétaires bailleurs ont accès à plusieurs dispositifs d’aide pour financer la remise à niveau énergétique de leurs biens :

  • MaPrimeRénov’ Bailleur : versée par l’Anah, cette aide est accessible aux propriétaires qui louent leur logement en résidence principale (au moins 8 mois par an). Le logement doit avoir plus de 15 ans. Le montant est calculé selon les revenus du foyer du bailleur et la nature des travaux. En contrepartie, le bailleur s’engage à louer le logement pendant 6 ans après la fin des travaux. À noter : depuis le 1er juillet 2024, le dispositif est limité à 3 logements sur une période de 5 ans.
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : cumulables avec MaPrimeRénov’, ces primes sont versées par les fournisseurs d’énergie en échange de travaux d’économies d’énergie.
  • L’Éco-Prêt à Taux Zéro (Éco-PTZ) : un prêt sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique, accessible aux propriétaires bailleurs.
  • Les aides locales : de nombreuses collectivités territoriales (régions, départements, communes) proposent des compléments de financement. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre conseil régional.

Ces aides peuvent se cumuler pour couvrir une partie significative du coût des travaux. Un audit énergétique préalable permet d’identifier les gestes de rénovation les plus efficaces et de cibler les dispositifs les mieux adaptés à votre situation.

Comment se préparer dès maintenant ?

Face à ce calendrier réglementaire, la meilleure stratégie pour un propriétaire bailleur est l’anticipation. Voici les étapes clés :

  • Faire réaliser un audit énergétique de votre logement pour connaître précisément son classement DPE, identifier les travaux prioritaires et estimer les gains attendus.
  • Prioriser les travaux selon l’échéance qui vous concerne : si votre logement est classé G, l’urgence est immédiate ; si votre logement est classé F, vous avez jusqu’à 2028 pour agir.
  • Solliciter un accompagnement professionnel pour constituer votre dossier d’aides et optimiser le financement de vos travaux.
  • Anticiper l’impact sur votre loyer : rappelons que le gel des loyers pour les F et G est déjà en vigueur depuis 2022, ce qui érode progressivement votre rendement locatif en euros constants.

Conclusion

Le calendrier des interdictions de location des passoires thermiques est désormais bien établi, même si le contexte législatif de 2026 invite à rester vigilant sur d’éventuels assouplissements. Ce qui est certain, c’est que la rénovation énergétique de votre bien locatif constitue, à terme, la seule solution pérenne pour préserver votre patrimoine, maintenir vos revenus locatifs et vous conformer à la loi.

Vous possédez un logement classé F ou G et vous souhaitez faire le point sur vos obligations et les aides auxquelles vous avez droit ? L’équipe d’Expert Audit Énergétique est à votre disposition pour réaliser un audit complet et vous accompagner dans votre projet de rénovation. Contactez-nous dès aujourd’hui pour être rappelé gratuitement.

Sources

DPE 2026 : ce qui change et comment bien lire son diagnostic

Le DPE : un document clé, plus important que jamais en 2026

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est devenu l’un des documents les plus scrutés lors d’une vente ou d’une mise en location d’un logement. Il renseigne sur la consommation d’énergie d’un bien et ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Depuis le 1er janvier 2026, ce diagnostic connaît une évolution technique significative qui peut directement changer la lettre affichée sur votre bien — et donc ses obligations légales, sa valeur et vos droits aux aides à la rénovation.

La grande nouveauté 2026 : le coefficient de conversion de l’électricité abaissé

Le changement le plus concret de cette année tient dans un chiffre : le coefficient de conversion de l’énergie primaire (CEP) de l’électricité passe de 2,3 à 1,9. Ce coefficient, publié au Journal officiel par arrêté le 26 août 2025, sert à traduire la consommation d’énergie finale d’un logement en énergie primaire, unité retenue pour le calcul du DPE.

Concrètement, pourquoi ce changement ? Le coefficient de 2,3 datait d’une époque où la production électrique française était jugée moins sobre en carbone. Avec la montée en puissance du nucléaire, de l’éolien et du solaire dans le mix électrique, l’électricité est aujourd’hui bien moins émettrice de CO₂ qu’elle ne l’était. Le nouveau coefficient de 1,9 s’aligne sur la valeur européenne actualisée et reflète mieux cette réalité.

Qui est concerné par cette révision ?

Les logements chauffés à l’électricité — radiateurs électriques, pompes à chaleur, chauffe-eau thermodynamique — sont les premiers bénéficiaires. Un bien classé F ou G de justesse pourra désormais remonter en E, voire en D. En revanche, un logement véritablement énergivore avec une enveloppe très dégradée ne changera pas de catégorie de manière significative.

  • Environ 850 000 logements sortent ainsi automatiquement du statut de « passoire thermique » (classes F et G), sans qu’aucun travaux n’ait été réalisé.
  • Les DPE ou audits énergétiques édités à partir du 1er janvier 2026 intègrent automatiquement le nouveau coefficient.
  • Les DPE déjà réalisés restent valables 10 ans et peuvent continuer à être utilisés tels quels.
  • Si le nouveau calcul améliore l’étiquette de votre logement, il est possible de mettre à jour votre DPE gratuitement, sans faire réaliser un nouveau diagnostic complet.

Attention : cette réforme ne peut qu’améliorer ou maintenir une étiquette existante — aucune dégradation de classement ne peut résulter de ce changement de méthode.

Deuxième nouveauté majeure : le DPE collectif obligatoire pour toutes les copropriétés

Depuis le 1er janvier 2026, la réalisation d’un DPE collectif est obligatoire pour tous les immeubles en copropriété, y compris ceux de moins de 50 lots qui en étaient encore exemptés. Ce diagnostic porte sur les parties communes et les équipements collectifs (chauffage central, ventilation, etc.) et donne une vision globale de la performance de l’immeuble.

Pour les copropriétaires, c’est un document stratégique : il permet d’orienter les décisions de travaux en assemblée générale, d’anticiper les obligations liées aux interdictions de location des passoires thermiques et de valoriser le patrimoine commun.

Comment bien lire son DPE : les bases à connaître

Que vous veniez de recevoir un DPE ou que vous vous apprêtiez à en faire réaliser un, voici les éléments essentiels à comprendre.

Les deux étiquettes du DPE

Un DPE affiche toujours deux étiquettes :

  • L’étiquette énergie : elle mesure la consommation en énergie primaire, exprimée en kWh EP/m²/an. Elle va de A (très performant, ≤ 70 kWh/m²/an) à G (très énergivore, > 420 kWh/m²/an).
  • L’étiquette climat : elle mesure les émissions de gaz à effet de serre, exprimées en kg CO₂eq/m²/an. Elle suit la même échelle de A à G.

La lettre finale du DPE est déterminée par la plus défavorable des deux étiquettes. Un logement chauffé au gaz peut ainsi être pénalisé par une mauvaise étiquette climat même si sa consommation énergétique en kWh est correcte.

Les seuils des classes énergétiques

Pour vous repérer, voici les seuils de consommation d’énergie primaire en vigueur :

  • Classe A : ≤ 70 kWh EP/m²/an
  • Classe B : de 71 à 110 kWh EP/m²/an
  • Classe C : de 111 à 180 kWh EP/m²/an
  • Classe D : de 181 à 250 kWh EP/m²/an
  • Classe E : de 251 à 330 kWh EP/m²/an
  • Classe F : de 331 à 420 kWh EP/m²/an
  • Classe G : > 420 kWh EP/m²/an

Les autres informations contenues dans le DPE

Au-delà des étiquettes, un DPE bien lu vous renseigne sur :

  • La description des équipements de chauffage, d’eau chaude sanitaire, de ventilation et de climatisation.
  • Les recommandations de travaux hiérarchisées par priorité et par gain énergétique estimé.
  • Une estimation de la facture énergétique annuelle (indicative).
  • Les caractéristiques thermiques de l’enveloppe : isolation des murs, des combles, des fenêtres, etc.

Ces données sont précieuses pour planifier vos travaux dans le bon ordre et mobiliser les aides auxquelles vous avez droit (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE…).

DPE et interdictions de location : ce que change votre étiquette

Votre classe DPE a des conséquences directes sur votre droit à louer votre bien. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 (pour les nouveaux contrats). La réforme 2026 du coefficient électrique peut permettre à certains biens de sortir de cette contrainte — mais attention : si votre logement reste classé G ou F avec le nouveau calcul, les obligations s’appliquent pleinement. Un audit énergétique permettra de définir la trajectoire de travaux la plus efficace.

Mon DPE date d’avant 2026 : dois-je le refaire ?

Pas nécessairement. Un DPE reste valide 10 ans à compter de sa date de réalisation. Cependant, si vous pensez que le nouveau coefficient aurait pu améliorer votre étiquette, vous pouvez demander une mise à jour gratuite via le téléservice de l’ADEME, sans faire intervenir à nouveau un diagnostiqueur. En revanche, si votre DPE est ancien (avant juillet 2021), il n’a plus de valeur légale : un nouveau diagnostic complet s’impose.

Conclusion : faites de votre DPE un outil d’action

Le DPE ne doit pas rester un simple formulaire dans un tiroir. En 2026, il est plus que jamais le point de départ de toute stratégie de rénovation énergétique : il conditionne vos droits à louer, votre accès aux aides et la valeur de votre bien sur le marché. Si votre étiquette vous semble sévère, si vous ne savez pas par où commencer vos travaux, ou si vous souhaitez simplement comprendre ce que votre DPE révèle vraiment sur votre logement, notre équipe est là pour vous accompagner.

Demandez dès maintenant un audit énergétique ou faites-vous rappeler par l’un de nos experts — un premier échange suffit souvent pour y voir beaucoup plus clair.

Sources

Loi Climat et Résilience : ce que les propriétaires doivent anticiper

La loi Climat et Résilience : un tournant pour le parc immobilier français

Promulguée le 22 août 2021, la loi n° 2021-1104 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience — dite loi Climat et Résilience — a profondément reconfiguré les obligations des propriétaires en matière de performance énergétique. Son objectif : éradiquer progressivement les passoires thermiques du parc locatif et de la vente immobilière, tout en incitant les propriétaires à engager des travaux de rénovation.

Cinq ans après son adoption, les effets concrets de cette loi se font sentir à chaque étape de la vie d’un bien immobilier : mise en location, mise en vente, gestion de copropriété. Voici un tour d’horizon complet des obligations qui s’imposent aujourd’hui — et de celles qui arrivent.

Le calendrier des interdictions de location : où en est-on en 2026 ?

La loi Climat et Résilience a instauré un calendrier progressif d’interdiction de location pour les logements les plus énergivores, classés selon leur étiquette au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE).

  • Depuis le 1er janvier 2023 : les logements dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an (les plus extrêmes des G) ne peuvent plus être mis en location.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : tous les logements classés G sont considérés comme non décents et ne peuvent plus faire l’objet d’une nouvelle mise en location.
  • Au 1er janvier 2028 : ce sera au tour des logements classés F d’être concernés par cette interdiction.
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E seront à leur tour exclus du marché locatif si aucun travaux n’est réalisé.

Attention : ces interdictions concernent les nouvelles mises en location et les renouvellements de bail. Si vous êtes bailleur avec un locataire en place, des dispositions transitoires peuvent s’appliquer, mais la tendance de fond est claire. Il est urgent d’anticiper.

Le gel des loyers pour les passoires thermiques : une mesure déjà en vigueur

Depuis août 2022, les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter le loyer entre deux locataires, ni lors du renouvellement de bail. Cette mesure de gel des loyers s’applique aux locations vides et meublées, ainsi qu’aux baux mobilité.

Concrètement, si votre logement est une passoire thermique, vous êtes déjà pénalisé sur la rentabilité locative : impossible de réviser le loyer à la hausse, même en cas de forte inflation ou de loyer sous-évalué. La seule façon de retrouver une marge de manœuvre est de réaliser des travaux permettant de sortir des classes F ou G.

L’audit énergétique obligatoire à la vente : un document clé

En complément du DPE, la loi Climat et Résilience a rendu obligatoire la réalisation d’un audit énergétique réglementaire lors de la vente de maisons individuelles et d’immeubles en monopropriété les plus énergivores. Le calendrier mis en place par l’article L. 126-28-1 du code de la construction est le suivant :

  • Depuis le 1er avril 2023 : audit obligatoire pour les logements classés F ou G.
  • Depuis le 1er janvier 2025 : obligation étendue aux logements classés E.
  • À partir du 1er janvier 2034 : les logements classés D seront également concernés.

Cet audit doit être remis au futur acquéreur dès la première visite, ou au plus tard à la signature de la promesse de vente. Il présente un état détaillé de la performance énergétique du logement et propose des scénarios de travaux chiffrés pour améliorer sa classe. Sa durée de validité est de cinq ans. Vendre un bien concerné sans cet audit expose le vendeur à des recours de l’acquéreur, voire à une annulation de la vente.

Si vous envisagez de vendre votre bien dans les prochaines années, vérifiez dès maintenant votre classe DPE : si elle est E, F ou G, l’audit est une étape incontournable de votre dossier de vente.

La réforme du DPE en 2026 : de nouveaux calculs qui changent la donne

Une révision importante de la méthode de calcul du DPE est entrée en vigueur en 2026. Elle favorise notamment les logements chauffés à l’électricité, dont l’étiquette peut s’améliorer d’une ou deux classes sans qu’aucun travaux ne soit réalisé. Des centaines de milliers de DPE établis avant cette réforme sont par ailleurs devenus caducs : ceux réalisés avant juillet 2021 n’étaient plus valables au 1er janvier 2025, et d’autres expirent progressivement selon leur ancienneté.

Si votre DPE date de plusieurs années, faites-le vérifier avant toute démarche : une mise à jour pourrait reclasser votre bien dans une catégorie moins contraignante… ou confirmer l’urgence des travaux.

Le DPE collectif : une obligation désormais généralisée aux copropriétés

La loi Climat et Résilience impose également la réalisation d’un DPE collectif pour les immeubles d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Ce diagnostic, établi à l’échelle de l’immeuble entier, a été introduit progressivement :

  • Depuis janvier 2024 : copropriétés de plus de 200 lots.
  • Depuis janvier 2025 : immeubles entre 50 et 200 lots.
  • Depuis janvier 2026 : copropriétés de moins de 50 lots.

Si vous êtes copropriétaire ou syndic, cette obligation vous concerne directement. Le DPE collectif permet d’orienter les futures décisions de travaux votées en assemblée générale et de disposer d’une vision globale de la performance du bâtiment.

Les meublés de tourisme également dans le viseur

En 2026, les meublés de tourisme (type Airbnb) sont eux aussi concernés par l’obligation de DPE. Cette extension du champ d’application de la réglementation témoigne de la volonté du législateur de couvrir l’ensemble du parc immobilier, qu’il soit loué à l’année ou de manière saisonnière.

Ce que les propriétaires doivent faire dès maintenant

Face à ce calendrier resserré, l’anticipation est la meilleure stratégie. Voici les priorités pour chaque profil :

  • Propriétaire bailleur d’un logement G : l’interdiction de location est déjà en vigueur. Des travaux de rénovation sont indispensables pour continuer à louer légalement. Plusieurs aides existent (MaPrimeRénov’, CEE…) pour financer ces chantiers.
  • Propriétaire bailleur d’un logement F : l’interdiction arrive au 1er janvier 2028. Il reste du temps, mais les délais de réalisation des travaux sont souvent plus longs qu’on ne l’imagine. Commencez par un audit énergétique pour planifier les interventions.
  • Propriétaire souhaitant vendre un bien E, F ou G : l’audit énergétique réglementaire est obligatoire. Faites-le réaliser en amont pour anticiper les questions des acheteurs et optimiser votre prix de vente.
  • Copropriétaire : vérifiez que votre immeuble a bien réalisé son DPE collectif. À défaut, interpellez votre syndic lors de la prochaine assemblée générale.

Conclusion : agir maintenant plutôt que subir demain

La loi Climat et Résilience n’est pas un horizon lointain : ses effets sont déjà concrets pour des millions de propriétaires en France. Chaque année d’inaction réduit vos marges de manœuvre — financières, juridiques et commerciales. La bonne nouvelle : des professionnels et des dispositifs d’accompagnement existent pour vous aider à traverser cette transition.

Vous souhaitez faire le point sur votre situation ? Notre équipe d’experts en audit énergétique est à votre disposition pour analyser votre bien, vous expliquer vos obligations et vous orienter vers les solutions les plus adaptées. Contactez-nous pour demander un audit ou être rappelé rapidement.

Sources

Audit énergétique obligatoire : dans quels cas, pourquoi et ce qu’il contient vraiment

Qu’est-ce que l’audit énergétique réglementaire ?

L’audit énergétique réglementaire ne doit pas être confondu avec le simple Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Le DPE donne une étiquette énergie à votre logement ; l’audit va bien plus loin. Il constitue un état des lieux détaillé de la performance énergétique et environnementale du bien, et surtout, il propose des pistes concrètes de travaux pour l’améliorer. C’est un outil d’aide à la décision, tant pour le propriétaire vendeur que pour l’acquéreur.

Ce document est encadré par la loi Climat & Résilience du 22 août 2021 (loi n° 2021-1114) et les textes réglementaires qui en découlent, notamment l’arrêté du 4 mai 2022 définissant son contenu. Il est obligatoire dans deux grandes situations : la vente d’un logement énergivore et la demande de MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur.

Dans quels cas l’audit énergétique est-il obligatoire ?

1. Lors de la vente d’un logement classé E, F ou G

Depuis le 1er avril 2023, tout propriétaire souhaitant vendre une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé F ou G au DPE doit obligatoirement fournir un audit énergétique à l’acquéreur potentiel, dès la signature du compromis de vente.

Depuis le 1er janvier 2025, cette obligation a été étendue aux logements classés E. Autrement dit, en 2026, si vous mettez en vente un bien classé E, F ou G, vous devez produire cet audit — sans exception pour les logements en monopropriété situés en France métropolitaine.

Le calendrier prévu par la loi se poursuit ainsi :

  • 1er avril 2023 : obligation pour les logements classés F et G
  • 1er janvier 2025 : extension aux logements classés E
  • 1er janvier 2034 : extension prévue aux logements classés D

Les logements situés dans les départements et régions d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) sont soumis à ces règles depuis le 1er juillet 2024.

Important : cette obligation ne s’applique qu’aux biens en monopropriété (une seule personne ou entité propriétaire de l’ensemble de l’immeuble). Les appartements dans une copropriété classique ne sont pas concernés par l’audit réglementaire de vente.

2. Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur

L’audit énergétique est également la première étape incontournable pour accéder à MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur (anciennement appelée parcours accompagné). Cette aide de l’État, gérée par l’Anah, finance les projets de rénovation globale permettant un saut d’au moins deux classes au DPE. Le guichet MaPrimeRénov’ est ouvert à nouveau depuis le 23 février 2026 pour l’ensemble des parcours et des ménages.

Concrètement, vous devez obligatoirement suivre l’un des scénarios de travaux proposés par l’audit pour être éligible. L’audit peut être réalisé par votre Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR), le professionnel agréé qui vous guide tout au long du projet.

Qui peut réaliser un audit énergétique ?

L’audit réglementaire doit être confié à un professionnel qualifié, répondant à des conditions précises définies par la loi. Ce professionnel doit :

  • Posséder les qualifications requises (ex. : architecte, bureau d’études thermiques titulaire d’une certification reconnue)
  • Être indépendant et impartial vis-à-vis du vendeur ou du mandataire
  • Être couvert par une assurance professionnelle adaptée

Les coûts d’un audit énergétique ne sont pas réglementés : ils varient donc selon la superficie du bien, sa complexité et le professionnel choisi. Il est conseillé de comparer plusieurs devis. Le coût est à la charge du vendeur dans le cadre de la vente.

Depuis le 1er avril 2023, l’auditeur est également tenu de transmettre l’audit à l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Que contient concrètement un audit énergétique ?

L’audit énergétique va bien au-delà d’un simple relevé de consommation. Il comprend notamment :

  • Un état des lieux précis de la performance énergétique et environnementale du logement (enveloppe, systèmes de chauffage, ventilation, production d’eau chaude…)
  • Au moins deux scénarios de travaux, pouvant être réalisés en une ou plusieurs étapes, permettant d’atteindre au minimum la classe B du DPE après travaux (sauf exceptions réglementaires)
  • Pour chaque scénario : une estimation du coût des travaux, calculée à partir de données représentatives du marché, et une analyse des aides financières mobilisables (MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ, aides locales…)
  • Des informations sur les économies d’énergie attendues et le confort amélioré

Cette richesse d’informations en fait un document stratégique : l’acquéreur sait exactement dans quoi il s’engage et peut anticiper le budget travaux avant de finaliser l’achat.

Pourquoi l’audit énergétique est-il un atout, pas une contrainte ?

Beaucoup de propriétaires perçoivent l’audit comme une obligation administrative supplémentaire. En réalité, il peut jouer en leur faveur à plusieurs égards :

  • Pour le vendeur : présenter un audit complet et des scénarios de rénovation chiffrés rassure l’acquéreur et peut faciliter la négociation du prix en objectivant les travaux à prévoir.
  • Pour l’acheteur : il dispose d’une feuille de route claire pour rénover, avec des aides identifiées, ce qui rend le projet moins intimidant et plus accessible financièrement.
  • Pour les deux parties : l’audit évite les mauvaises surprises post-acquisition et sécurise la transaction.
  • Pour le futur rénové : si l’acquéreur souhaite lancer une rénovation d’ampleur, l’audit réalisé à l’occasion de la vente peut souvent être réutilisé comme point de départ du dossier MaPrimeRénov’, sous réserve que sa méthode de calcul soit conforme aux exigences en vigueur au moment de la demande.

À noter : la méthode de calcul de l’audit énergétique a évolué au 1er janvier 2026 avec la modification du coefficient d’électricité. Un audit réalisé avant cette date peut potentiellement être mis à jour pour refléter le nouveau calcul.

Audit énergétique et DPE : deux documents complémentaires

Le DPE reste le document de référence pour la classification énergétique d’un logement et est obligatoire pour toute vente ou mise en location. L’audit énergétique vient le compléter lorsque le bien est particulièrement énergivore, en apportant la dimension « travaux » qui manque au DPE. Les deux documents se lisent ensemble : le DPE dit « où vous en êtes », l’audit dit « comment y remédier et à quel prix ».

En conclusion : anticipez pour mieux agir

Que vous soyez propriétaire d’un logement classé E, F ou G et que vous envisagiez de le vendre, ou que vous souhaitiez entreprendre une rénovation globale avec le soutien de MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur, l’audit énergétique est désormais au cœur de votre démarche. Bien réalisé par un professionnel qualifié, il devient une véritable boussole pour orienter vos choix de travaux et maximiser les aides auxquelles vous avez droit.

Vous ne savez pas par où commencer ? Contactez notre équipe Expert Audit Énergétique pour faire réaliser votre audit par un professionnel certifié, ou demandez à être rappelé pour un premier échange gratuit sur votre situation.

Sources

MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur 2026 : le guide complet du parcours accompagné

Qu’est-ce que MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur ?

Depuis la réforme de 2024, MaPrimeRénov’ se décline en deux parcours distincts : le parcours par geste, qui finance des travaux ciblés, et le parcours accompagné, dédié aux rénovations d’ampleur. Ce second volet vise les propriétaires qui souhaitent transformer en profondeur leur logement — isolation, chauffage, ventilation — pour obtenir un gain significatif sur l’étiquette énergétique DPE.

En 2026, ce parcours reste le plus généreux financièrement, mais aussi le plus exigeant sur le plan administratif et technique. Bonne nouvelle : après une suspension partielle fin 2025, le guichet MaPrimeRénov’ a rouvert le 23 février 2026 pour l’ensemble des parcours et l’ensemble des ménages, selon le ministère de l’Économie.

Qui peut bénéficier du parcours accompagné ?

Les conditions liées au logement

  • Le logement doit être classé E, F ou G au DPE au moment du dépôt du dossier.
  • Il doit avoir été construit depuis au moins 15 ans.
  • Il doit constituer la résidence principale du demandeur (ou être loué comme tel).
  • Le dispositif ne s’applique pas aux logements situés dans les départements et régions d’outre-mer (DROM).

Les conditions liées au demandeur

  • Être propriétaire occupant ou bailleur (les locataires ne sont pas éligibles).
  • Les revenus pris en compte sont le revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-1, soit 2025 pour les demandes déposées en 2026.
  • L’Anah distingue quatre profils de revenus : Bleu (très modestes), Jaune (modestes), Violet (intermédiaires) et Rose (revenus supérieurs). Chaque profil correspond à un taux d’aide différent. Les plafonds varient selon la composition du foyer et la zone géographique (Île-de-France ou reste du territoire).

À noter : depuis 2026, les ménages du profil Rose sont exclus du parcours par geste mais peuvent en revanche accéder au parcours rénovation d’ampleur, sous conditions et avec un taux d’aide plus limité. Consultez le barème officiel sur france-renov.gouv.fr pour connaître votre profil exact.

Quelle exigence de performance énergétique ?

Le parcours accompagné n’est pas une carte blanche pour rénover. Il impose un résultat : votre logement doit gagner au minimum deux classes sur le DPE à l’issue des travaux. Plus le saut de classes est important, plus le taux d’aide peut être élevé. L’objectif est clairement de faire sortir les passoires thermiques du parc immobilier français.

Un audit énergétique est obligatoire avant les travaux pour établir l’état initial du logement et définir le programme de rénovation. Un second audit est réalisé après les travaux pour attester du gain effectivement obtenu.

Les travaux éligibles : un bouquet, pas un geste isolé

La rénovation d’ampleur ne finance pas un seul type de travaux : elle s’inscrit dans une logique de bouquet de travaux combinant plusieurs postes complémentaires :

  • Isolation thermique : toiture, combles perdus, planchers bas, murs par l’intérieur ou par l’extérieur. À noter que depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs (ITE et ITI) n’est plus éligible au parcours par geste : elle doit obligatoirement s’inscrire dans une rénovation d’ampleur.
  • Système de chauffage : pompe à chaleur air-eau, géothermique, chauffe-eau thermodynamique, système solaire combiné.
  • Ventilation : installation ou remplacement d’une VMC double flux.
  • Menuiseries extérieures : remplacement de simples vitrages.
  • Des travaux de confort d’été (brasseurs d’air fixes) peuvent également être intégrés dans certains cas.

Les équipements à énergie fossile (chaudières gaz ou fioul) sont exclus du dispositif.

Les étapes obligatoires pour déposer un dossier

Le parcours accompagné est, comme son nom l’indique, très structuré. Voici les étapes clés à respecter :

  1. Rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ : depuis 2026, ce rendez-vous est obligatoire et gratuit avant le dépôt de la demande. Il permet d’évaluer votre projet et de vous orienter vers un Accompagnateur Rénov’. Prenez rendez-vous sur france-renov.gouv.fr.
  2. Audit énergétique initial : l’Accompagnateur Rénov’ (MAR), agréé par l’Anah, réalise l’audit de votre logement et construit votre dossier technique.
  3. Choix des artisans RGE : tous les professionnels intervenant sur le chantier doivent être certifiés Reconnu Garant de l’Environnement (RGE).
  4. Dépôt de la demande sur maprimerenov.gouv.fr avec vos devis, votre DPE, votre avis d’imposition et les justificatifs requis.
  5. Attente de la validation de l’Anah : ne commencez jamais les travaux avant d’avoir reçu la notification d’accord, sous peine de perdre le bénéfice de l’aide.
  6. Réalisation des travaux puis envoi des factures pour déclencher le versement de la prime.

Délais à anticiper : en raison d’un stock de dossiers accumulés pendant la suspension de fin 2025, les délais d’instruction pour la rénovation d’ampleur peuvent atteindre jusqu’à 6 mois en 2026. Anticipez bien votre calendrier de travaux.

Comment financer le reste à charge ?

MaPrimeRénov’ ne couvre pas la totalité du coût des travaux. Plusieurs dispositifs permettent de financer le reste à charge :

  • L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : parfaitement cumulable avec MaPrimeRénov’, il permet de financer le reste à charge dans la limite de 50 000 €, remboursables sans intérêts sur 20 ans. Les banques demandent généralement la notification d’accord de l’Anah avant de débloquer les fonds.
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : dans le parcours accompagné, leur valorisation est intégrée directement dans l’enveloppe Anah. Vous n’avez pas à les négocier séparément.
  • Les aides locales : certaines régions, départements ou communes proposent des compléments de financement. Renseignez-vous auprès de votre conseiller France Rénov’.
  • La TVA à taux réduit : les travaux de rénovation énergétique bénéficient d’une TVA à 5,5 %, ce qui allège sensiblement la facture.

Ce qui change concrètement en 2026

Par rapport aux années précédentes, plusieurs évolutions sont à retenir :

  • Le rendez-vous préalable avec France Rénov’ est désormais obligatoire pour le parcours accompagné.
  • L’isolation des murs est exclue du parcours par geste et doit être intégrée dans une rénovation d’ampleur.
  • Les plafonds de ressources ont été légèrement revus à la hausse (environ +1 %) pour tenir compte de l’inflation.
  • Le taux d’écrêtement (qui augmente le reste à charge obligatoire du bénéficiaire) a été revu à la hausse d’environ 1 %.
  • Les délais d’instruction sont rallongés en raison du stock de dossiers en attente depuis la suspension partielle du guichet.

Pourquoi un audit énergétique est le point de départ indispensable

Avant même de contacter des artisans ou de demander des devis, l’audit énergétique est l’outil qui vous permet de comprendre où se situent réellement les pertes de chaleur dans votre logement, et de prioriser les travaux selon leur rapport coût/efficacité. C’est aussi la pièce maîtresse du dossier MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur : sans audit validé, pas de dossier.

Chez Expert Audit Énergétique, nous réalisons des audits complets, conformes aux exigences de l’Anah, et vous accompagnons dans la lecture des résultats pour construire un projet de rénovation cohérent et maximiser vos aides.

Conclusion : passez à l’action dès maintenant

La rénovation d’ampleur avec MaPrimeRénov’ parcours accompagné est l’une des solutions les plus puissantes pour valoriser votre logement, réduire vos factures d’énergie et sortir définitivement du statut de passoire thermique. Les conditions sont exigeantes, mais les aides disponibles en 2026 restent significatives pour les ménages éligibles.

Vous souhaitez savoir si votre logement est éligible et estimer les aides auxquelles vous pouvez prétendre ? Contactez-nous pour demander un audit énergétique ou être rappelé par l’un de nos experts. Nous étudions votre projet gratuitement et vous guidons de A à Z.

Sources